Handi-Gang

par Cara Zina

Résumé :
Djenna vit à Lyon avec Sam, son fils handicapé. Depuis quelque temps, elle s’inquiète pour lui. Un jour, elle décide de le suivre. Elle l’observe s’arrêter devant un groupe de jeunes invalides, avec lesquels il a décidé de se rebeller en s’en prenant aux lieux qui leur sont inaccessibles.

Coup de cœur :
Un roman plein d’une colère communicative, de frustration et d’humour (de beaucoup d’humour) .
Léger, intelligent et rythmé, un texte d’une énergie folle dont se détachent des personnages incarnés et attachants.
Un uppercut que l’on reçoit avec un grand plaisir !
Pertinent, impertinent et jubilatoire !

Quand sort la recluse

par Fred Vargas

Résumé :
Trois hommes sont récemment morts des morsures de la recluse brune, une araignée venimeuse. Contre toute vraisemblance, le commissaire Adamsberg suspecte une série de meurtres.

Coup de cœur :
D’abord, il y a le titre, tissé de mystères et puis, il y a la joie de retrouver Fred Vargas, sa plume délicieuse et ses personnages adorés (Adamsberg et Danglard et toute la brigade du 36 Quais des orfèvres). Un thriller exaltant, entre suspense et vertige, qui emprunte aux brumes du conte et de la légende.
Un des meilleurs de la série. Un grand cru !

Dans la vie, il y a des règles !

par Laurence Salaün & Gilles Rapaport

Résumé :
Écrites avec drôlerie (et une pointe d’agacement), illustrées avec humour (et une pointe d’énervement), voici, histoire que les choses soient dites une bonne fois pour toutes, une somme de règles à mettre entre toutes les petites mains !
Extrait :
– Je dis  » bonjour !  » le matin. Ça fait toujours plaisir.
– Je ne dis pas  » j’ai pas trouvé  » quand j’ai pas cherché.
– Je ne me précipite pas aux toilettes quand je dois débarrasser la table.
– Je ne demande pas à papa la permission quand maman a déjà dit  » NON !  » même si je sais qu’il va dire oui.

Coup de cœur :
Dans la vie il y des règles et les apprendre et les respecter ce n’est pas drôle, mais alors pas drôle du tout ! Et se les entendre répéter constamment l’est encore moins !
Alors voici LA solution pour aborder la question avec les enfants (et les plus grands qui peuvent aussi avoir besoin d’une petite piqûre de rappel de temps en temps) tout en s’amusant comme des petits fous.
Un manuel de savoir vivre désopilant !


La nature exposée

par Erri De Luca

Résumé :
Dans un petit village, au pied de la montagne, un sculpteur aide les migrants à passer la frontière et attire ainsi l’attention des médias. Il décide alors de quitter son village et s’installe au bord de la mer. Il se fait engager par le prêtre de la commune pour restaurer la statue d’un Christ en lui retirant le cache-sexe dont l’avait affublé un clergé pudibond.

Coup de cœur :
Erri De Luca nous offre un très beau texte engagé empreint de force, d’humilité et de compassion. À la fois réflexion sur le sacré et le profane, célébration de l’art et de la sensualité, ce roman est profondément humaniste, délicat et lumineux.
Peut-être son meilleur roman ?

Americanah

par Chimamanda Ngozi Adichie

Résumé :
Ifemelu et Obinze, lycéens issus de milieux favorisés, tombent amoureux l’un de l’autre. Leur pays, le Nigeria, est sous le joug d’une dictature militaire et ils rêvent de partir en Amérique. Leur expérience de l’exil se révèle plus compliquée que prévu : Ifemelu découvre le racisme de l’Amérique, tandis qu’Obinze vit un cauchemar en Angleterre. Quinze ans plus tard, ils se retrouvent au Nigeria.
Traduit de l’anglais (Nigeria) par Anne Damour.

Coup de cœur :
Un roman dense, fouillé, captivant, drôle, engagé… tout à la fois histoire d’amour impossible, roman d’aventure et satire sociale. Avec un talent de narration extraordinaire, l’auteur dresse une galerie de personnages attachants et généreux.
Un ton vif et irrévérencieux pour un régal de lecture : Magistral !

Le grand jeu

par Céline Minard

Résumé :
Une femme décide de s’isoler dans un refuge accroché à la paroi d’un massif montagneux. Elle s’impose la solitude, ainsi qu’un entraînement physique et spirituel intense. Elle cherche, dans cette mise à l’épreuve, à savoir comment vivre. Mais sa rencontre inattendue avec une ermite bouleverse ses plans.

Coup de cœur :
Comme toujours avec Céline Minard, le lecteur est surpris et ébloui. Elle déploie sa belle plume et nous entraîne à la suite de sa narratrice pour une promenade méditative doublée d’une magnifique leçon de philosophie. La description appliquée de cet ermitage, servie par un sens du détail exacerbé, donne au texte une belle portée spirituelle.
Un roman d’une originalité et d’une force surprenante !

Un paquebot dans les arbres

par Valentine Goby

Résumé :
Au milieu des années 1950, le couple de tenanciers du café de La Roche-Guyon est contraint d’aller se faire soigner au sanatorium d’Aincourt. Leurs deux enfants se retrouvent dans la misère. Mathilde, l’aînée, refuse de perdre les piliers de la famille et se bat pour qu’ils reviennent et pour préserver leur dignité.

Coup de cœur :
Un roman intense, rude, tragique et lumineux. Le style de Valentine Goby, sensible et vibrant est à la hauteur de ses personnages plus vrais que nature. L’époque est parfaitement décrite et documentée et son héroïne libre et volontaire est merveilleusement incarnée.
Une voix d’une sensibilité infinie pour un roman précieux !

Faillir être flingué

par Céline Minard

Résumé :
Eau-qui-court-sur-la-plaine est une jeune Indienne qui propose ses dons de guérisseuse aux Blancs et aux Indiens. Les frères McPherson, qui traversent les plaines avec leur vieille mère mourante dans un chariot, Xiao Niù, qui comprend le chant du coyote… Les personnages qu’elle rencontre dressent une fresque sauvage de l’Ouest américain et de ses mythes. Prix Livre Inter 2014.

Coup de cœur :
Dès les premières lignes, nous y sommes ! Des cowboys, des indiens, des filles de saloons, des voleurs de chevaux…
De sa plume délicate et de son humour léger, Céline Minard réinvente le Grand Ouest américain. Un western des origines, original et criant de réalisme qui nous rappelle que les premiers cowboys étaient des déracinés, jetés sur les routes, en quête d’une vie meilleure.
Ce texte, animé d’un grand souffle romanesque, nous embarque dans un grand voyage à la rencontre de personnages incarnés et émouvants.
Un roman sublime et magistral !

Little Bird

par Craig Johnson

Résumé :
Après vingt-quatre ans au bureau du shérif du comté d’Absaroka, Walt Longmire aspire à finir sa carrière en paix. Mais le corps de Cody Pritchard, l’un des adolescents condamnés avec sursis pour le viol de la jeune Indienne Melissa Little Bird, est retrouvé près de la réserve cheyenne. Walt piste l’assassin dans les vastes espaces du Wyoming.
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sophie Aslanides
Prix Nouvel Obs-BibliObs du roman noir 2010.

Coup de cœur :
À travers la tempête et la neige et le givre…
Craig Johnson a cet amour et cette tendresse infinie pour ses personnages qui nous font les aimer dès la première rencontre. Attachant, maîtrisé, drôle et brillant, Little Bird va vous donner envie d’explorer les contrées sauvages du Wyoming, d’affronter des tempêtes de neige, de pêcher dans des torrents glacés et de couper du bois.
Un polar magistral, dépaysant et addictif.
Little Bird est le premier tome d’une série en cours, intitulée Une enquête de Walt Longmire.

La disparition de Jim Sullivan

par Tanguy Viel

Résumé :
Présentée par son auteur comme un roman américain, cette fiction met en scène le personnage de Dwayne Koster, professeur d’université âgé de 50 ans divorcé de Susan, dont il déteste le nouvel amant. L’action se déroule à Detroit, Michigan, au volant d’une vieille Dodge, sur les rives des Grands Lacs.

Coup de cœur :
Le narrateur, sorte de double fictionnel de l’auteur et lui même écrivain (français), se donne pour mission d’écrire un « roman américain ». Ou plus succinctement : c’est l’histoire d’un auteur qui écrit son « roman américain » (c’est ainsi que je pourrais résumé au mieux ce roman O.V.N.I.)
Tanguy Viel joue avec les clichés de la littérature américaine et installe une distanciation, explose le quatrième mur et nous offre une expérience littéraire magistrale.
Une mise en abîme maîtrisée à la perfection !
D’abord on rit, on s’amuse, complices, dans une connivence intellectuelle avec l’auteur et puis on est happé par l’histoire qui se déploie enfin.
Un roman court et jubilatoire à découvrir.

Je me permets de reporter ici la très belle critique que Norbert Czarny en a fait dans la Quinzaine littéraire :
« La jubilation qui naît de ce roman, le sourire qui ne nous quitte jamais tient entre autres à ce qu’on se laisse mener par un narrateur qui joue avec le conditionnel, le futur ou le passé […]. Des ellipses feront deviner, ou bien des fins de chapitre qui ménagent le suspense, comme il convient dans toute fiction américaine, qu’elle soit écrite ou filmée. L’art de Tanguy Viel repose sur sa passion du cinéma. […] Cinématographique jusque dans le développement de la phrase. Elle tourne, elle ressasse, elle emprunte à l’oral, elle joue du retardement, laissant exploser le mot final, celui qu’on attendait avec l’impatience de l’enfant qui écoute un conteur, à la fois inquiet et joyeux. »