Tous les articles par Karine

Zébu Boy

par Aurélie Champagne

Madagascar, mars 1947. Fin de la Seconde Guerre mondiale, Ambila, guerrier à la beauté envoûtante, est de retour sur son île après avoir servi la France. Il n’a qu’une idée en tête, retrouver son père et son élevage de zébus. Mais le pays est en cours d’insurrection contre l’occupant français. Entre déflagrations et fuites en forêts, Ambila porte le fardeau de la survie et débute un voyage initiatique d’où naîtra l’espérance d’un peuple.

Aurélie Champagne, née en 1978, se rend à Madagascar à l’âge de 20 ans. A la recherche de ses origines et de son père absent, elle se passionne pour l’histoire du pays et ses événements de 1947, racontés sous diverses formes à son retour à Paris.
Zébu Boy, son premier roman, est l’aboutissement de ce travail. Prix Le Livre à Metz – Marguerite Puhl-Demange 2020 Prix Montluc – Résistance et liberté 2020 Prix Folies d’Encre 2019

Coup de cœur : une écriture puissante et imagée, une langue inventive, un héros attachant mais aux motivations ambivalentes, c’est un premier roman fort et dense. Un voyage envoûtant à Madagascar, loin des cartes postales.

L’inconnu de la poste

par Florence Aubenas

Le village, c’est Montréal-la-Cluse. La victime, c’est Catherine Burgod, tuée de vingt-huit coups de couteau dans le bureau de poste où elle travaillait. Ce livre est donc l’histoire d’un crime. Il a fallu sept ans à Florence Aubenas pour en reconstituer tous les épisodes — tous, sauf un. Le résultat est saisissant. Au-delà du fait divers et de l’enquête policière, L’Inconnu de la poste est le portrait d’une France que l’on aurait tort de dire ordinaire.
Car si le hasard semble gouverner la vie des protagonistes de ce récit, Florence Aubenas offre à chacun d’entre eux la dignité d’un destin.

Personne ne sort les fusils

par Sandra Lucbert

De mai à juillet 2019 se tient le procès France Télécom – Orange. Sept dirigeants sont accusés d’avoir organisé la maltraitance de leurs salariés. Parfois jusqu’à la mort. On les interroge longuement, leur fait expliquer beaucoup. Rien à faire : ils ne voient pas le problème. Le PDG a un seul regret :  » Cette histoire de suicides, c’est terrible, ils ont gâché la fête.  » Il y avait donc une fête ? Parlons-nous la même langue ? Sandra Lucbert est née en 1981.
Normalienne, agrégée de lettres, elle a écrit deux romans, Mobiles (Flammarion, 2013) et La Toile (Gallimard, 2017).

Coup de cœur : un choc avec ce texte. Bien au-delà du procès Orange, l’auteure décortique le langage libéral et son projet de société bien particulier. Salutaire, limpide, une leçon de mots, une mise en garde sur le cynisme.

De la démocratie en pandémie – Santé, recherche, éducation

par Barbara Stiegler

La conviction qui nous anime en prenant aujourd’hui la parole, c’est que plutôt que de se taire par peur d’ajouter des polémiques à la confusion, le devoir des milieux universitaires et académiques est de rendre à nouveau possible la discussion scientifique et de la publier dans l’espace public, seule voie pour retisser un lien de confiance entre le savoir et les citoyens, lui-même indispensable à la survie de nos démocraties.
La stratégie de l’omerta n’est pas la bonne. Notre conviction est au contraire que le sort de la démocratie dépendra très largement des forces de résistance du monde savant et de sa capacité à se faire entendre dans les débats politiques cruciaux qui vont devoir se mener, dans les mois et les années qui viennent, autour de la santé et de l’avenir du vivant.

Là où nous dansions

par Judith Perrignon

Detroit, Michigan :  ville mythique puis ville fantôme, décatie, en faillite. Comment cette ville et les hommes qui l’ont habitée en sont arrivé à ce point ? Qui se souvient que la Motown est née là, que l’industrie automobile a été inventée là.

Dans ce roman choral, les personnages sont chacun une partie de l’histoire américaine et ils incarnent magnifiquement la nostalgie, la révolte ou l’espoir. La musique comme fil conducteur (sublime trio des Supremes), la voiture toute puissante, l’aménagement urbain comme outil de ségrégation. Des années 60 à nos jours c’est un tableau vivant, un écho aux bruits des hommes.

Énorme coup de cœur : comment vous dire simplement que ce roman est fabuleux. Judith Perrignon nous emmène très loin.  Très documenté, bien construit, bien écrit, captivant de bout en bout. Terriblement attachant. Pour moi toutes les qualités d’un grand roman. J’espère que vous l’aimerez.

Les danseurs de l’aube

par Marie Charrel

EUROPE CENTRALE – ANNEES TRENTE. Après avoir fui la révolution russe, les jumeaux Sylvin et Maria Rubinstein se découvrent un talent fulgurant pour le flamenco. Très vite, Varsovie, Berlin et même New York sont à leurs pieds. Lorsque le Continent sombre dans la guerre, les danseurs sont séparés, et Maria disparaît. Pour venger sa soeur tant aimée, Sylvin ira jusqu’à se glisser dans la peau d’une femme.
Et c’est ainsi travesti qu’il s’engage dans la Résistance pour lutter contre les nazis. HAMBOURG – 2017. Lukas, jeune homme à l’identité trouble, rencontre la sulfureuse Iva sur la scène où Sylvin dansait autrefois. Fuyant leur passé, ils partent à leur tour en road-trip dans l’Europe interlope. Au fil des cabarets, leur flamenco incandescent et métissé enflamme les passions. Mais il suscite, aussi, la violence et l’intolérance.
Jusqu’à ce que Lukas commette l’irréparable pour protéger Iva… A près d’un siècle de distance, Marie Charrel retrace le destin d’artistes épris de liberté, rattrapés par la folie du monde. Mais prêts à se battre jusqu’au bout pour défendre qui ils sont.

L’ami arménien

par Andreï Makine

A travers l’histoire d’une amitié adolescente, Makine révèle dans ce véritable bijou de littérature classique un épisode inoubliable de sa jeunesse. Le narrateur, treize ans, vit dans un orphelinat de Sibérie à l’époque de l’empire soviétique finissant. Dans la cour de l’école, il prend la défense de Vardan, un adolescent que sa pureté, sa maturité et sa fragilité désignent aux brutes comme bouc-émissaire idéal.
Il raccompagne chez lui son ami, dans le quartier dit du « Bout du diable » peuplé d’anciens prisonniers, d’aventuriers fourbus, de déracinés égarés « qui n’ont pour biographie que la géographie de leurs errances ». Il est accueilli là par une petite communauté de familles arméniennes venues soulager le sort de leurs proches transférés et emprisonnés en ce lieu, à 5 000 kilomètres de leur Caucase natal, en attente de jugement pour « subversion séparatiste et complot anti-soviétique » parce qu’ils avaient créé une organisation clandestine se battant pour l’indépendance de l’Arménie.
De magnifiques figures se détachent de ce petit « royaume d’Arménie » miniature : la mère de Vardan, Chamiram ; la soeur de Vardan, Gulizar, belle comme une princesse du Caucase qui enflamme tous les coeurs mais ne vit que dans la dévotion à son mari emprisonné ; Sarven, le vieux sage de la communauté… Un adolescent ramassant sur une voie de chemin de fer une vieille prostituée avinée qu’il protège avec délicatesse, une brute déportée couvant au camp un oiseau blessé qui finira par s’envoler au-dessus des barbelés : autant d’hommages à ces « copeaux humains, vies sacrifiées sous la hache des faiseurs de l’Histoire ».
Le narrateur, garde du corps de Vardan, devient le sentinelle de sa vie menacée, car l’adolescent souffre de la « maladie arménienne » qui menace de l’emporter, et voilà que de proche en proche, le narrateur se trouve à son tour menacé et incarcéré, quand le creusement d’un tunnel pour une chasse au trésor, qu’il prenait pour un jeu d’enfants, est soupçonné par le régime d’être une participation active à une tentative d’évasion…
Ce magnifique roman convoque une double nostalgie : celle de cette petite communauté arménienne pour son pays natal, et celle de l’auteur pour son ami disparu lorsqu’il revient en épilogue du livre, des décennies plus tard, exhumer les vestiges du passé dans cette grande ville sibérienne aux quartiers miséreux qui abritaient, derrière leurs remparts, l’antichambre des camps.

L’Homme qui valait 35 milliards

par Nicolas Ancion

« Ce qui m’intéresse, moi, c’est de savoir combien vous valez, vous, dans ce monde-ci. Vous et rien que vous. Ca m’intéresse de savoir à combien exactement vous vous estimez. » Epineuse question à laquelle devra répondre Lakshmi Mittal, une des plus grosses fortunes mondiales, s’il veut être libéré. Richard, son ravisseur —ému parle drame d’Octavio, licencié suite à la fermeture d’un haut-fourneau liégeois — décide de changer l’ordre des choses.
Il met alors sur pied un plan audacieux pour enlever le célèbre magnat de l’acier et le contraindre à réaliser des oeuvres d’art contemporain de plus en plus absurdes…

Horaires adaptés -couvre-feu à 18h


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Nos nouveaux horaires, valables jusqu’au 1er février (sous réserve d’une prolongation possible)
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