Coups de cœur du rayon BD / Manga

La fille maudite du capitaine pirate – Volume 1

par Jeremy A. Bastian

Résumé :
Port Elisabeth, Jamaïque, 1728. La Fille Maudite du Capitaine Pirate part à la recherche de son père disparu, l’un des redoutés flibustiers des mythiques mers d’Omerta. Cette héroïne intrépide nous entraîne rapidement dans des aventures marines et même sous-marines, à la rencontre de pirates tordus et teigneux, de créatures mythiques et autres fantasmagories se dévoilant comme des poupées russes.

Coup de cœur :
Attention : chef-d’œuvre !!!
Une sorte d’Alice au pays des pirates : onirique, surréaliste, sublime et follement drôle ! Les illustrations à l’encre noir, qui empruntent à aux gravures de Gustave Doré ainsi qu’à l’univers graphique de Terry Gilliam,  sont d’une richesse inouï (on en prend plein les mirettes). Une histoire étourdissante dont la qualité éditoriale en fait une véritable merveille !
Tome 2

Le problème avec les femmes

par Jacky Fleming

Résumé :
« Autrefois, les femmes n’existaient pas, et c’est pour cette raison qu’elles sont absentes des livres d’histoire. Il y avait des hommes et parmi eux, un certain nombre de génies ». A travers une succession de dessins hilarants, Jacky Fleming retrace avec ironie l’évolution de la femme dans notre société. Second degré garanti !

Coup de cœur :
Au cours de l’histoire, que de théories crasses, désolantes et paternalistes ont été proférées par de « grands hommes » sur les femmes ! Jacky Fleming les démonte avec une légèreté et une intelligence rare, humour et irrévérence. C’est brillant, hilarant et jubilatoire !

Chiisakobé Tome 1

par Minetaro Mochizuki

Résumé :
Un jeune charpentier, perd ses parents et l’entreprise familiale, dans un incendie. Se rappelant les paroles de son père,  » quelle que soit l’époque dans laquelle on vit, ce qui est important, c’est l’humanité et la volonté « , il fait le serment de reconstruire. Mais son retour à la maison natale s’accompagne de l’arrivée de Ritsu, amie d’enfance devenue orpheline et qu’il embauche comme assistante, et de 5 garnements aux sales caractères échappés d’un orphelinat. La cohabitation va faire des étincelles ! Adaptation du célèbre roman de Shûgorô Yamamoto situé dans la période Edo et que Minetarô Mochizuki transpose dans le Japon d’aujourd’hui.

Coup de cœur :
Très beau manga sensible et délicat, dans la lignée de ce que fait Jiro Taniguchi et qui rend hommage à la discrétion de l’expression des sentiments dans la culture japonaise. Une douceur mélancolique qui emprunte à Wes Anderson un humour poétique et décalé.
Un style réaliste aux sublimes contrastes, une petite merveille de délicatesse.

One-Punch Man Tome 1

par Yusuke Murata, One

Résumé :
Saitama est trop puissant, tellement puissant qu’il élimine les ennemis les plus farouches d’un simple coup de poing. Découvrez l’histoire du plus fort des super-héros dans ce manga qui va vous mettre K-O !

Coup de cœur :
Ce manga drôle, dynamique et décalé avec son héros loufoque et décomplexé, se joue des codes du Shonen classique pour notre plus grand plaisir. Déjà culte au Japon, cette série d’action est à découvrir sans plus attendre !

Les Indes Fourbes – BD

par Alain Ayroles, Juanjo Guarnido

Résumé :
Fripouille sympathique, don Pablos de Ségovie fait le récit de ses aventures picaresques dans cette Amérique qu’on appelait encore les Indes au siècle d’or. Tour à tour misérable et richissime, adoré et conspué, ses tribulations le mèneront des bas-fonds aux palais, des pics de la Cordillère aux méandres de l’Amazone, jusqu’à ce lieu mythique du Nouveau Monde : l’Eldorado !

Coup de cœur :
Sublime album, épique et  foisonnant qui nous conte la fabuleuse épopée d’un vaurien en quête de fortune. Une BD pleine de misère et de faste avec aux commandes le dessinateur de « Blacksad » et le scénariste de « De cape et de crocs ».

A silent voice Tome 1

par Yoshitoki Oima

Résumé :
Shoko Nishimiya est sourde depuis la naissance. Même équipée d’un appareil auditif, elle peine à saisir les conversations, à comprendre ce qui se passe autour d’elle. Effrayé par ce handicap, son père a fini par l’abandonner, laissant sa mère l’élever seule. Quand Shoko est transférée dans une nouvelle école, elle fait de son mieux pour dépasser ce handicap, mais malgré ses efforts pour s’intégrer dans ce nouvel environnement, rien n’y fait : les persécutions se multiplient, menées par Shoya Ishida, le leader de la classe.
Tour à tour intrigué, fasciné, puis finalement exaspéré par cette jeune fille qui ne sait pas communiquer avec sa voix, Shoya décide de consacrer toute son énergie à lui rendre la vie impossible. Tour à tour psychologiques puis physiques, les agressions du jeune garçon se font de plus en plus violentes… jusqu’au jour où la brimade de trop provoque une plainte de la famille de Shoko, ainsi que l’intervention du directeur de l’école.
Ce jour-là, tout bascule pour Shoya : ses camarades, qui jusqu’ici ne manquaient pas eux non plus une occasion de tourmenter la jeune fille, vont se retourner contre lui et le désigner comme seul responsable… Publié sous la forme d’une nouvelle de 60 pages en 2011, A Silent Voice réussit l’exploit retentissant de se placer numéro 1 du vote des lecteurs du Bessatsu Shonen Magazine (Kodansha) devant le best-seller du moment au Japon, L’Attaque des Titans.
Ce tour de force lui vaudra d’être décliné en série, et de s’imposer comme un véritable phénomène de société. Un manga pas comme les autres, qui réussit avec brio à parler de handicap dans un magazine shonen, de manière juste et touchante !
(manga/ série en 7 tomes terminée)

Coup de cœur :
Un manga sensible et sincère qui se démarque des shonens classiques. Une histoire touchante, portée par des personnages forts et attachants à découvrir sans plus attendre.

Kobane Calling – Roman graphique

par Zerocalcare

Résumé :
Un reportage poignant issu du voyage de Zerocalcare à Kobané, de sa rencontre avec l’armée des femmes kurdes et les résistants en lutte contre l’avancée de Daech. De Rome au Rojava en passant par la Turquie, la Syrie et l’Irak, ce témoignage nécessaire, plein de justesse et d’humour, s’efforce de retranscrire la complexité et les contradictions d’une guerre si souvent simplifiée par les médias et les responsables politiques.
Cette édition augmentée inclut les planches d’Imbroglio, réalisées en 2017, ainsi qu’une trentaine de planches inédites rendant compte des développements récents de cette guerre dans une région du monde malheureusement toujours en prise avec de nombreux conflits. Et elle interroge le sort des volontaires internationaux venus y combattre aux côtés des Kurdes : ceux qui sont morts sur place comme ceux qui sont rentrés dans leur pays.

Coup de cœur :
Kurdistan, Rojava, Kobané.. une percée au cœur de la géopolitique du Moyen-Orient avec un narrateur survolté qui aligne les punch-line et les références à la pop-culture.
Un graphisme en noir et blanc nerveux et profond pour cette BD reportage dans la juste lignée de Guy Delisle. Une réussite !

Erased Tome 1 – Tankobon

par Kei Sanbe

Résumé :
2006. Satoru Fujinuma travaille comme livreur de pizzas pour joindre les deux bouts. Effacé et peu enclin à s’ouvrir aux autres, Satoru possède un don exceptionnel : à chaque fois qu’un incident ou une tragédie se déroule près de lui, il est projeté quelques minutes dans le passé pour empêcher l’inévitable avant qu’il se produise…
Cette anomalie de l’espace-temps lui vaut un séjour à l’hôpital le jour où, pour rattraper le conducteur d’un camion fou, il est percuté par un autre véhicule de plein fouet. Après l’accident, petit à petit, les souvenirs effacés de l’enfance traumatisante de Satoru resurgissent…

Coup de cœur :
Brillantissime et incontournable, « Erased » a en plus l’avantage d’être une série courte (en 8 tomes) et terminée.
Un enquête haletante, des voyages dans le temps, un suspense mordant : si vous ne l’avez pas encore dévoré, il est grand temps de découvrir ce manga génial !

Moi, ce que j’aime, c’est les monstres – Livre premier – Roman graphique

par Emil Ferris, Jean-Charles Khalifa

Résumé :
Chicago, fin des années 1960. Karen Reyes, dix ans, adore les fantômes, les vampires et autres morts-vivants. Elle s’imagine même être un loup-garou. Le jour de la Saint-Valentin, sa voisine, la belle Anka Silverberg, se suicide d’une balle dans le coeur. Karen qui n’y croit pas et décide d’élucider ce mystère. Elle va découvrir qu’entre le passé d’Anka dans l’Allemagne nazie, son quartier prêt à s’embraser et les secrets tapis dans l’ombre de son quotidien, les monstres sont des êtres comme les autres.
Journal intime d’une artiste prodige, c’est l’histoire magnifiquement contée d’une fascinante enfant. Dans cette œuvre magistrale, à la fois enquête, drame familial et témoignage historique, Emil Ferris tisse un lien personnel entre un expressionnisme féroce et l’univers de Maurice Sendak.

Coup de cœur :
Un roman monde, un monument gothique et baroque qui célèbre la vérité et la différence. Une prouesse narrative et graphique.
Emil Ferris ou le nouveau MONSTRE sacré de la bande dessinée !

« Une des plus grande artiste de BD de notre temps » – Art Spiegelman (auteur de Maus).

Ce livre contient « 42% de mystère, 18% de fiction historique, 6% de romance, 21% de souvenirs, 5% de réalisme urbain, 6% de critique sociale mordante, 10% d’humour et 3% de thriller surnaturel… et de nombreux cœurs qui battent encore, des milliers de crocs prêts à mordre, de puissantes sensations souterraines et d’un appétit féroce pour la vie » – Monsieur Toussain Louverture (éditeur).

Zaï zaï zaï zaï – BD humour

par Fabcaro

Résumé :
Un auteur de bande dessinée, alors qu’il fait ses courses, réalise qu’il n’a pas sa carte de fidélité sur lui. La caissière appelle le vigile, mais quand celui-ci arrive, l’auteur le menace et parvient à s’enfuir. La police est alertée, s’engage alors une traque sans merci, le fugitif traversant la région, en stop, battant la campagne, partagé entre remord et questions existentielles. Assez vite les médias s’emparent de l’affaire et le pays est en émoi.
L’histoire du fugitif est sur toutes les lèvres et divise la société, entre psychose et volonté d’engagement, entre compassion et idées fascisantes. Car finalement on connaît mal l’auteur de BD, il pourrait très bien constituer une menace pour l’ensemble de la société. Voici le nouveau récit choral de l’imparable Fabcaro, entre road-movie et fait-divers, l’auteur fait surgir autour de son personnage en fuite, toutes les figures marquantes -et concernées- de la société (famille, médias, police, voisinage…) et l’on reste sans voix face à ce déferlement de réactions improbables ou, au contraire, bien trop prévisibles.

Coup de cœur :
Fabcaro nous embarque dans un roadtrip complètement barré qui, de situations absurdes en rebondissement improbables, propose une critique acerbe de notre société bien pensante, égocentrique, paranoïaque et superficielle. Un album débile et brillant, d’une drôlerie salvatrice.