La légende de Paul Thibault – Album

par Annie Bacon, Eric Chouteau-Tissier

Résumé :
Vous allez découvrir le grand homme que fut Paul Thibault, un coureur des bois à la barbe fournie et aux mains géantes. Qu’il lutte contre l’épinette à tentacules, le golem de feuilles ou le terrible siffleux, Paul fait toujours preuve d’un courage légendaire. En compagnie de son ami Grugeux le castor, il se nourrit de trèfle, de fourmis et de tacos aux champignons, tout en menant une vie trépidante et remplie d’aventures !
Avec cet album, Annie Bacon et Sans Cravate créent un univers décalé où folklore et éléments fantastiques s’entremêlent pour nous offrir une œuvre unique en son genre.

Coup de cœur :
L’écriture en vers et les illustrations dynamiques des trois récits de ce recueil offrent une énergie débordante et communicative.
Un album au rythme endiablé , trépidant et jubilatoire, à découvrir dès 5/6 ans ou à dévorer tout·e seul·e dès 7/8 ans.

Villa Anima

par Mathilde Maras

Résumé :

Un combat pour choisir sa vie, un combat pour être entendue au sein d’un lieu de faux-semblants empli de secrets, où l’on ne sait jamais si, et quand, le fantastique fera son apparition.  » Echos  » : une collection de romans unitaires, réalistes ou fantastiques, reflet des problématiques politiques et sociales d’hier et d’aujourd’hui. Lorsque les portes massives de la Villa Anima se referment derrière elle, Magdalène a le sentiment d’être engloutie par un monstre.
Mais dans cet endroit mythique foulé par les plus grands elle ne peut se retourner si elle veut atteindre son objectif : remporter la première épreuve de l’Esprit, celle de l’écharpe verte. Un simple morceau de soie qui lui octroierait un statut dans la société, alors qu’elle est une femme, ainsi que le droit de mettre un terme à cette grossesse qu’elle ne désire pas du haut de ses seize ans. Quelle sera la nature du défi à relever ? Nécessite-t-il, comme on le dit, des aptitudes spirituelles hors du commun ? Magda se prépare comme elle peut entre ces murs où elle assiste à d’étranges phénomènes, allant jusqu’à se demander si son esprit lui joue des tours…
ou si quelqu’un ne souhaiterait pas la détourner de son projet. Le méprisant maître de cérémonie peut-être, devant lequel elle peine à étouffer une ambition nouvelle. Car, si elle parvient à obtenir la première épreuve, pourquoi s’arrêterait-elle en chemin ?

Coup de cœur :

Dans un monde où les femmes doivent passer des épreuves afin de prouver leur valeur et avoir accès aux droits les plus élémentaires, la jeune Magda va devoir s’armer d’un courage sans faille pour briser un système de classe injuste et cruel. Entre « Hunger Games » et « La servante écarlate« , la Villa Anima recèle de magie, de mystères et d’horreur. Un roman dynamique et percutant à lire dès 14 ans.

Sidérations

par Richard Powers

Résumé :
Dans une Amérique au bord du chaos politique et climatique, un père embarque son jeune fils souffrant de troubles du comportement dans une sidérante expérience neuroscientifique. Richard Powers signe un nouveau grand roman questionnant notre place dans le monde et nous amenant à reconsidérer nos liens avec le vivant.

Coup de cœur :
Une sublime histoire père-fils aux personnages inoubliables et profondément humains.
Un roman puissant, érudit et touchant. Une lecture dense et marquante.

Moon River – BD

par Fabcaro

Résumé :
Hollywood, années 50. Au cœur de l’usine à rêves du cinéma, l’immense actrice Betty Pennyway est victime d’un crime sans précédent et particulièrement abominable. L’affaire fait la une de toute la presse et l’Amérique entière est en émoi. La police de l’État fait appel au peu orthodoxe inspecteur Hernie Baxter pour mener cette délicate enquête qui secoue tout le petit monde du 7ème Art.
C’est une investigation sombre et mystérieuse fouillant dans les recoins les plus obscurs de la ville de Los Angeles qui s’engage, un périple aux confins de la folie qui risque bien de le mener jusqu’aux portes de l’enfer…
Dans la lignée de son exploration des récits de genre, après le western (-20% sur l’esprit de la forêt), la romance (Et si l’amour c’était aimer ?) et le récit de voyage (Carnet du Pérou), c’est au polar que se confronte cette fois-ci Fabcaro avec Moon River. Des victimes sont à prévoir.

Coup de cœur :
Situations absurdes, dialogues improbables, Fabcaro nous enchante un fois de plus !
Son style est inimitable, (on retrouve avec joie ses tics et son humour loufoque) mais réussit à nous surprendre à chaque fois.
Un album jubilatoire, antidote à la morosité ambiante !

Des vies à découvert

par Barbara Kingsolver

Au 19ème siècle puis au 21ème siècle, dans une même maison (qui est une ruine au bord de l’écroulement), un homme et une femme sont en butte aux préjugés de leur époque et aux difficultés inattendues que la vie peut réserver. Chacun à sa façon, Willa et Thatcher s’emparent du monde nouveau, tel qu’il est.

Avec toute l’ironie subtile qui la caractérise, Barbara Kingsolver dresse un portrait du pays saisissant de vérité : l’Amérique des « winners » est un mirage … Très romanesque et d’une grande finesse psychologique.

Rose & Crow, Tome 1 – BD

par Amélie Sarn, Lise Garçon

Résumé :
Rose a un pouvoir : celui de faire pousser les plantes. D’où vient-il ? Et pourquoi son grand-père lui interdit-il de l’utiliser et même de prononcer le mot « magie » ? Afin de trouver les réponses à ses questions, Rose accepte de suivre Crow, personnage trouble capable de se changer en corbeau, jusqu’à Udover, le monde au delà du ciel.

Coup de cœur :
Un très beau premier tome qui développe un imaginaire foisonnant et énigmatique, met l’eau à la bouche et donne envie de dévorer cette série très prometteuse. Aventure, magie et mystère sont au rendez-vous et les illustrations de Lise Garçon sont merveilleuses !
BD ados et adulte (à partir de 13 ans).

La fille qu’on appelle

par Tanguy Viel

Quand il n’est pas sur un ring à boxer, Max Le Corre est chauffeur pour le maire de la ville. Il est surtout le père de Laura qui, du haut de ses vingt ans, a décidé de revenir vivre avec lui. Alors Max se dit que ce serait une bonne idée si le maire pouvait l’aider à trouver un logement.

Coup de cœur : dans une langue brillante, avec une jubilation d’écriture qui n’a d’égale que la noirceur du propos, Tanguy Viel décortique et expose des faits qui deviennent terriblement réels. Il nous emmène là où on ne voudrait jamais aller, dans les linges sales du pouvoir, mais avec quel talent !

La cité des marges

par William Boyle

Résumé :

Brooklyn, années 1990. Donnie Parascandolo, flic brutal et corrompu, rend des services à un truand local avec deux comparses. Décidé à donner une petite leçon à un joueur minable, il outrepasse quelque peu ses instructions et jette l’homme d’un pont. Malheureusement, le joueur minable ne savait pas nager. Ce qui n’empêchera jamais Donnie de dormir. Il sait bien que dans ce quartier les Italiens règlent leurs affaires entre eux, et que lui n’a rien à craindre de personne.
Mais quelques années plus tard, un gamin que Donnie avait tabassé découvre une vérité qu’il n’avait jamais imaginée et prend une décision qui va changer sa vie. Et pas seulement la sienne, tant les destinées des habitants de ce quartier s’entremêlent de toutes les manières possibles.

Coup de cœur :

« La cité des marges » est un roman choral plein d’humanité. Puissante et d’une justesse implacable, la plume de William Boyle nous embarque dans une fresque de personnages dont les destins se lient au grès des pages. Entre flics pourris, jeunesse désabusée, écrivain raté et quinqua déprimée, plongez dans les entrailles d’un Brooklyn désenchanté mais pourtant rempli d’espoir.

Le K ne se prononce pas

par Souvankham Thammavongsa

Recueil de nouvelles. Une fillette à l’école prononce obstinément le k muet du mot knife. Un ancien boxeur se convertit en pédicure. Une femme rêve de téléromans en plumant des poulets. Un père emballe des meubles destinés à des maisons qu’il n’habitera jamais. Le K ne se prononce pas accueille les utopies, échecs, amours et petits actes de résistance de personnages qui tentent de trouver leurs repères en Amérique, loin de chez eux. Leur point commun est leur pays d’origine, le Laos.
On y croise des enfants bienveillants, des hommes blessés et des femmes fébriles. Ils désirent vivre. Et dans ces récits, ils vivent brillamment. Férocement.

Née dans un camp de réfugiés laotiens  en Thaïlande, et élevée à Toronto, Souvankham Thammavongsa a été saluée par la critique pour ses quatre livres de poésie et a gagné le prix Giller pour ces nouvelles.

Coup de cœur : l’art exigeant de la nouvelle est ici magnifiquement maîtrisé par cette jeune autrice. Attachants et incarnés sont les personnages et chaque histoire tient en équilibre sur elle-même, dans une ronde narrative parfaite, comme toute bonne nouvelle. Chapeau bas !

L’anarchiste qui s’appelait comme moi

par Pablo Martin Sanchez

Un jour de désœuvrement, Pablo Martín Sánchez tape son nom dans un moteur de recherche. Par le plus grand des hasards, il se découvre un homonyme au passé héroïque : un anarchiste, condamné à mort en 1924. Férocement intrigué, il se pique au jeu de l’investigation et cherche à savoir qui était… Pablo Martín Sánchez le révolutionnaire. Happé, l’auteur se fond dans cette destinée tourbillonnante et picaresque, alternant le récit d’une épopée révolutionnaire dans le Paris des années 1920 où les faubourgs de Belleville abritent d’ardents imprimeurs typographes, et celui d’une jeunesse aventureuse en Espagne jusqu’à les faire converger en un dénouement… tragique.

Coup de cœur : quel grand livre ! Toutes les qualités d’une histoire riche en personnages et en rebondissements, ancrée dans l’histoire, documentée en laissant la part belle à la fiction. Il faut un talent de conteur hors pair pour nous tenir en haleine tout au long d’un récit de cette ampleur. Que vous soyez anarchiste, révolutionnaire, typographe, instituteur, espagnol, amateur d’histoires d’amour ou simple lecteur (énumération non exhaustive !) vous serez comblé par ce livre. Dans un style clair et précis, plein d’humanité, l’auteur à mon sens fait la synthèse entre Alexandre Dumas et Leonardo Padura ! Brillant !