Tous les articles par Karine

Dans les geôles de Sibérie

par Yoann Barbereau

« Cueilli impréparé, j’étais de ces taulards qui font leur entrée dans le monde sans aucun effet personnel ». Irkoutsk, Sibérie orientale. Yoann Barbereau dirige une Alliance française depuis plusieurs années. Près du lac Baïkal, il cultive passions littéraires et amour de la Russie. Mais un matin de février, sa vie devient un roman, peut-être un film noir. Il est arrêté sous les yeux de sa fille, torturé puis jeté en prison.
Dans l’ombre, des hommes ont enclenché une mécanique de destruction, grossière et implacable, elle porte un nom inventé par le KGB : kompromat. Il risque quinze années de camp pour un crime qu’il n’a pas commis. L’heure de l’évasion a sonné…

Dans les forêts de l’ours

par Rémi Huot

Tous ceux qui se sont intéressés, de près ou de loin, à la vie mystérieuse de l’ours sont finalement tombés d’accord sur les possibilités de l’observer. Ils sont légion celles et ceux qui, par crainte ou par passion, l’ont traqué des vies entières sans jamais le voir. Au risque d’attendre sans succès aux heures crépusculaires, Rémi Huot se doit tout de même d’essayer. Désireux de rencontrer la bête à l’état à sauvage, il part à l’est de l’Europe, marcher à rebours des grands chemins et des lieux communs, dans un pays perdu.
Se mettre à la recherche de l’ours, c’est d’abord vivre un morceau de solitude dans les bois et se plier à l’exigence de la marche. C’est prendre les heures d’attente comme autant de chances de ne faire plus qu’un avec l’espace naturel et se dire que la quête se vaut bien à elle seule.

Coup de cœur : plus qu’un récit de marche, ce texte à l’écriture soignée et recherchée est un grand roman de la nature. Célébrant faune et flore, c’est une belle réflexion sur le monde sauvage et sur l’homme.  Passionnant et touchant.

Les aventures de China Iron

par Gabriela Cabezón Cámara


C’est une épopée radieuse et lumineuse, où China Iron, la femme de Martin Fierro, et Liz, partent à la conquête d’une nouvelle manière de vivre ensemble, à rebours des mythes fondateurs de nos sociétés.
C’est un roman bouleversant sur la libération d’une femme qui embrase les paysages sans limites de la pampa.
C’est une merveilleuse histoire d’amour et d’aventures, un western dans la pampa.
C’est enfin un appel à fonder un monde libre où les créatures s’embrasseraient avec désir et jouiraient du même amour pour les rivières, les oiseaux et les arbres. Et elles ne se sentiraient plus jamais seules.

Coup de cœur : une histoire comme je n’en avais jamais lue, complètement originale, dans une langue magique, explosive. Quel transport, quels paysages, quels personnages !

Grand café Martinique

par Raphaël Confiant

Au début du XVIIIème siècle, le jeune noble Gabriel-Mathieu d’Erchigny rêve de parcourir le monde. Il s’embarque pour la Martinique et lorsqu’il découvre l’existence du café, il décide d’implanter ce breuvage à la mode chez lui, aux Antilles.

Or, le Jardin royal des Plantes à Paris conserve quelques caféiers, sous étroite surveillance. Comment faire pour les dérober ? Si le hasard des rencontres jouera en la faveur de l’ambitieux aventurier, son odyssée ne fait que commencer…
C’est aussi l’histoire du café et de ses origines qui est contée.

Un roman historique de très bonne facture. Foisonnant d’aventures et de récits,  dans une langue choisie, bien documenté et … vous apprendrez quelques jurons en français de l’époque.

Un hiver de coyote

par Marie-Lazarine Pouille

Marie, jeune biologiste française, débarque au Québec pour effectuer son postdoctorat. Elle est affectée à un poste périlleux : assister Laurier, grand trappeur devant l’Eternel, dans l’étude de la prédation des coyotes sur les cerfs en Gaspésie. La voici projetée par -20 °C, dans la mal nommée baie des Chaleurs, elle qui n’a jamais conduit de motoneige. Heureusement, la chercheuse est tenace et Laurier connaît son métier.
Durant des mois, dans une nature sauvage, le trappeur et la biologiste sillonnent la rivière gelée et son vallon, tendent des collets, collectent des crottes, analysent des empreintes à la recherche de carcasses. Peu à peu, Marie et Laurier apprennent à se connaître. Isolés du monde, ils goûtent au bonheur d’être pleinement eux-mêmes, le temps d’un hiver.

L’affaire Dan Cooper

par Pierre Mikaïloff

Novembre 1971. Dan Cooper devient le plus mystérieux des pirates de l’air. Après avoir détourné un Boeing, il saute en parachute au-dessus des forêts de Portland et disparait à tout jamais avec sa rançon. Pour le journaliste Mark Anderson, cette affaire est une obsession : pendant 45 ans, il a mené l’enquête, essayé de doubler la police, épluché les rapports… Et alors que le FBI décide de classer l’affaire, Anderson entend parler d’un nouveau témoin essentiel.
L’occasion de replonger dans ses notes et de revenir sur les interrogatoires de ceux qui, chacun à leur manière, racontent le mystère Cooper et réinventent le mythe du hors-la-loi. Dans ce roman, Pierre Mikaïloff s’approprie l’une des plus légendaires affaires criminelles américaines. A travers la vie de quelques anonymes, il nous dresse en creux un portrait de l’Amérique, de ses chercheurs d’or contemporains, de ses monstres et de ses doutes.
Coup de cœur : une affaire jamais résolue, une douzaine de coupables potentiels et une fin surprenante. Sympathique restitution d’un mystère qui a préoccupé les américains pendant des années.

Requiem pour une République

par Thomas Cantaloube

« Je connais bien la question algérienne. Je connais bien la police. Je ne veux pas être désobligeant avec vous, mais il y a des choses qui vous dépassent. L’intérêt supérieur du pays nécessite souvent que l’on passe certains événements, certaines personnes, par pertes et profits ». Automne 1959. L’élimination d’un avocat algérien lié au FLN tourne au carnage. Toute sa famille est décimée. Antoine Carrega, ancien résistant corse qui a ses entrées dans le Milieu, Sirius Volkstrom, ancien collabo devenu exécuteur des basses œuvres du Préfet Papon, et Luc Blanchard, jeune flic naïf, sont à la recherche de l’assassin.
Une chasse à l’homme qui va mener ces trois individus aux convictions et aux intérêts radicalement opposés à se croiser et, bien malgré eux, à joindre leurs forces dans cette traque dont les enjeux profonds les dépassent.
Coup de cœur : très bon polar à l’intrigue riche en politique et en coup bas, dans une ambiance d’époque bien reconstituée.

Le temps de l’innocence

par Edith Wharton

Dans la haute société new-yorkaise de la fin du XIXe siècle, Newland Archer est tiraillé entre deux femmes, deux vies : sa fiancée, la jeune et pure May Welland, et la comtesse Olenska, une divorcée fraîchement revenue d’Europe, auréolée de mystère et d’une réputation sulfureuse. Le clan familial et son confort pèsent sur Newland Archer, qui ne sait s’il doit céder à la passion et renoncer pour toujours à la vie qu’il a connue jusqu’alors, ou s’il doit s’en remettre à la prudence et protéger son statut pour rester dans ce monde, au risque de vivre la vie d’un autre, brillante en apparence mais creusée par le regret.
Un roman poignant qui éclaire avec finesse la tension entre le désir de liberté et l’attrait du quotidien familier.

Combats et métamorphoses d’une femme

par Edouard Louis

Pendant une grande partie de sa vie ma mère a vécu dans la pauvreté et la nécessité, à l’écart de tout, écrasée et parfois même humiliée par la violence masculine. Son existence semblait délimitée pour toujours par cette double domination, la domination de classe et celle liée à sa condition de femme. Pourtant, un jour, à quarante-cinq ans, elle s’est révoltée contre cette vie, elle a fui et petit à petit elle a constitué sa liberté.
Ce livre est l’histoire de cette métamorphose.

Coup de cœur : bouleversant, au plus près des sentiments et de la sincérité. Les mots choisis par Edouard Louis vont droit au cœur.

Au loin le ciel du Sud

par Joseph Andras

Juste avant la fin de la Première Guerre mondiale, le jeune homme qui n’avait pas trente ans et qui ne s’appelait pas encore Hô Chi Minh vécut quelques années à Paris. En suivant ses traces, de document d’archive en rapport de police, Joseph Andras approche celui qui affûtait les armes idéologiques de la révolution qu’il allait mener en « Indochine » avant d’être pris par les logiques propres au pouvoir.
Remontant le temps au fil des rues, l’auteur croise d’autres histoires, d’autres injustices, d’autres colères — les trottoirs des attentats de novembre 2015, les ombres du métro Charonne, le souvenir de barricades communardes et de celles, à peine démontées, des Gilets jaunes… Sa marche devient alors méditation sur la grandeur des modestes et sur le caractère indépassable de la révolte.