Tous les articles par Karine

Les vraies gens – Sociologie de trottoir

par Guillaume Meurice

Depuis huit ans, pour sa chronique quotidienne sur France Inter, Guillaume Meurice interroge les gens dans la rue, sur les marchés, dans des salons professionnels, à l’Assemblée nationale. Dans les paroles de simples citoyens, les discours des lobbyistes, ou les soliloques des parlementaires, il traque et dissèque les fausses évidences, les contradictions, les éléments de langage, l’illusion du bon sens.
Il en retire ici la substantifique moelle, livrant au passage quelques moments off drôles et surprenants, sans rien perdre de sa joie communicative de porter la blague dans la plaie.

Le Guide Stephen King

par Yannick Chazareng

Qui est Stephen King ? Quels sont ses chefs-d’oeuvre à lire et à relire et ses ouvrages moins connus qui mériteraient de l’être plus ? Quelles sont les adaptations les plus réussies et celles qu’il vaut mieux éviter aujourd’hui ? Infos, anecdotes, conseils… Yannick Chazareng vous propose de faire le point sur le maître du fantastique !

Coup de cœur : indispensable pour « initiés » et non-initiés, ce guide est parfait pour s’y retrouver, découvrir ou re-découvrir et surtout surtout : donner envie de lire Stephen King !

Le festin

par Margaret Kennedy

Cornouailles, 1947. Comme tous les étés, le révérend Seddon rend visite au père Bott. Hélas, son ami n’a pas de temps à lui accorder cette année, car il doit écrire une oraison funèbre : l’hôtel de Pendizack, manoir donnant sur une paisible crique, vient de disparaître sous l’éboulement de la falaise qui le surplombait. Et avec lui, sept résidents… Dans cette maison reconvertie en hôtel par ses propriétaires désargentés étaient réunis les plus hétéroclites des vacanciers : une aristocrate égoïste, une écrivaine bohème et son chauffeur-secrétaire, un couple endeuillé, une veuve et ses trois fillettes miséreuses, un chanoine acariâtre et sa fille apeurée…
Le temps d’une semaine au bord de la mer dans l’Angleterre de l’après-guerre, alors que les clans se forment et que les pires secrets sont révélés, les fissures de la falaise ne cessent de s’élargir… Auteure talentueuse et espiègle, Margaret Kennedy pousse à leur comble les travers de ses personnages dans une fable pleine d’esprit et de sagesse. Ce Festin est un régal !

Les aventures de China Iron

par Gabriela Cabezón Cámara

C’est une épopée radieuse et lumineuse, où China Iron, la femme de Martin Fierro, et Liz, partent à la conquête d’une nouvelle manière de vivre ensemble, à rebours des mythes fondateurs de nos sociétés.
C’est un roman bouleversant sur la libération d’une femme qui embrase les paysages sans limites de la pampa.
C’est une merveilleuse histoire d’amour et d’aventures, un western dans la pampa.
C’est enfin un appel à fonder un monde libre où les créatures s’embrasseraient avec désir et jouiraient du même amour pour les rivières, les oiseaux et les arbres. Et elles ne se sentiraient plus jamais seules.

Coup de cœur : une histoire comme je n’en avais jamais lue, complètement originale, dans une langue magique, explosive. Quel transport, quels paysages, quels personnages !

Combats et métamorphoses d’une femme

par Edouard Louis

Résumé :
Pendant une grande partie de sa vie ma mère a vécu dans la pauvreté et la nécessité, à l’écart de tout, écrasée et parfois même humiliée par la violence masculine. Son existence semblait délimitée pour toujours par cette double domination, la domination de classe et celle liée à sa condition de femme.
Pourtant, un jour, à quarante-cinq ans, elle s’est révoltée contre cette vie, elle a fui et petit à petit elle a constitué sa liberté. Ce livre est l’histoire de cette métamorphose. E. L. Edouard Louis est écrivain. Ses trois premiers romans ont été traduits dans une trentaine de langues. Il a collaboré avec de nombreux metteurs en scène comme Stanislas Nordey ou Thomas Ostermeier. Il est également l’un des traducteurs de la poétesse canadienne Anne Carson.
Depuis 2019, il enseigne à La Manufacture – Haute école des arts de la scène de Lausanne.

Coup de cœur :
Un texte bouleversant et engagé, sincère et tendre. Les mots choisis par Edouard Louis vont droit au cœur. Un très beau roman sur l’émancipation et la réconciliation.

Les morts de Riverford

par Todd Robinson

Riverford petite ville peu riante, et c’est un euphémisme, du Massachusetts. Quand l’homme le plus détesté de la ville est assassiné les suspects prolifèrent et le casse tête promet d’être intense. Flics, petites frappes, vrais gentils, et paumés en tout genre entrent dans la danse.

Coup de cœur : la ronde des personnages est habilement présentée et les connexions vont bientôt se faire jour. Un régal complet pour le lecteur. Brillamment écrit, les dialogues sont savoureux et les personnages attachants (ou repoussants !) à souhait. On a l’impression de les tenir dans nos mains tellement l’auteur (rappelons que Todd Robinson est l’auteur de « Cassandra« , déjà coup de cœur de la librairie) excelle à les décrire et les mettre en scène. Génial !

Nanuq – Celle qui erre toujours

par James Raffan

Nanuq, l’ourse polaire, arpente son territoire et chasse les phoques dans la baie d’Hudson. Pendant des millénaires, ses ancêtres ont occupé cette grande étendue, évoluant aux côtés des humains dans l’un des habitats les plus inhospitaliers de la planète. Aujourd’hui, ce monde jusque-là immaculé est en danger. Dans les terres et les eaux de l’Arctique, du pétrole a été extrait et déversé ; le réchauffement climatique fait disparaître la glace de mer dont Nanuq et ses petits ont besoin pour chasser.
Les ours sont repoussés sur la terre ferme, remettant en cause le délicat équilibre territorial entre eux et leurs voisins humains. Dans une prose précise, James Raffan emmène les lecteurs sur les pas de Nanuq. En concentrant son objectif sur cette famille d’ursidés, Raffan comble le fossé entre les humains et les ours et nous fait réfléchir à ce qui pourrait être fait pour ce monde fragile avant qu’il ne disparaisse définitivement.

Le jour où le monde a tourné

par Judith Perrignon

 » Le Royaume-Uni des années 1980. Les années Thatcher. Elles sortent toutes de là, les voix qui courent dans ce livre, elles plongent au creux de plaies toujours béantes, tissent un récit social, la chronique d’un pays, mais plus que cela, elles laissent voir le commencement de l’époque dans laquelle nous vivons et dont nous ne savons plus comment sortir. C’est l’histoire d’un spasme idéologique, doublé d’une poussée technologique qui a bouleversé les vies.
Ici s’achève ce que l’Occident avait tenté de créer pour panser les plaies de deux guerres mondiales. Ici commence aujourd’hui : les SOS des hôpitaux. La police devenu force paramilitaire. L’information tombée aux mains de magnats multimilliardaires. La suspicion sur la dépense publique quand l’individu est poussé à s’endetter jusqu’à rendre gorge. La stigmatisation de populations entières devenues ennemis de l’intérieur.
Londres. Birmingham. Sheffield, Barnsley. Liverpool. Belfast. Ancien ministre. Leader d’opposition. Conseiller politique. Journaliste. Ecrivain. Mineur. Activistes irlandais. Voici des paroles souvent brutes qui s’enchâssent, s’opposent et se croisent. Comment ne pas entendre ces quelques mots simples venus aux lèvres de l’ancien mineur Chris Kitchen comme de l’écrivain David Lodge : une société moins humaine était en gestation ? Comment ne pas constater que le capitalisme qui prétendait alors incarner le monde libre face au bloc soviétique en plein délitement, est aujourd’hui en train de tuer la démocratie ? Quand la mémoire prend forme, il est peut-être trop tard, mais il est toujours temps de comprendre.
 » J. P.

Fuir l’eden

par Olivier Dorchamps

Adam a dix-sept ans et vient de tomber amoureux, là, sur le quai de la gare de Clapham Junction, à deux pas de cet immeuble de la banlieue de Londres où la vie est devenue si sombre. Cette fille aux yeux clairs est comme une promesse, celle d’un ailleurs, d’une vie de l’autre côté de la voie ferrée, du bon côté. Mais comment apprendre à aimer quand depuis son enfance on a connu plus de coups que de caresses ? Comment choisir les mots, comment choisir les gestes ? Mais avant tout, il faut la retrouver…

Coup de cœur :  après « Ceux que je suis » qui était aussi un de mes coups de cœur, je salue à nouveau Olivier Dorchamps, pour son deuxième roman.  Un réel plaisir de retrouver son écriture limpide et incarnée.  Il a le talent de nous lier à ses personnages, de nous mettre dans leur pas avec  précision et un sens de la narration aussi efficace que délicat. Pas de doute un auteur à suivre et j’aime beaucoup son jeune Adam, comme j’avais aimé la fratrie de « Ceux que je suis ».

Le lac de nulle part

par Pete Fromm

Cela fait bientôt deux ans que Trig et Al, frère et soeur jumeaux, n’ont plus de contact avec leur père. Et voilà qu’il réapparaît dans leur vie et réclame »une dernière aventure » : un mois à sillonner ensemble en canoë les lacs du Canada. A la fois excités à l’idée de retrouver la complicité de leur enfance et intrigués par ces retrouvailles soudaines, les jumeaux acceptent de partir au milieu de nulle part.
Mais dès leur arrivée, quelque chose ne tourne pas rond, les tensions s’installent. Contrairement à ses habitudes, leur père paraît mal préparé à l’expédition, qui s’annonce pourtant périlleuse par ce mois de novembre froid et venteux. Tous les trois devront naviguer avec la plus grande prudence entre leurs souvenirs et la réalité. Le nouveau roman de Pete Fromm est un voyage inattendu à travers les étendues glacées du Canada où la surface de l’eau sert de miroir à nos peurs, colères et espoirs.

Coup de cœur :  d’une plume précise et délicate Pete Fromme explore une relation fraternelle intense et bouleversante. Le cadre grandiose de cette virée désenchantée sur les lacs sert d’écrin à cette belle et terrible histoire. Un beau roman.