Coups de cœur du rayon Rayons

Le vent dans les saules

par Kenneth Grahame

Résumé :
Gambadez en compagnie de Taupe, Rat, Blaireau et Crapaud, héros touchants, le temps d’une formidable et amusante aventure. Un hymne à la nature et à l’amitié. « Il n’y a rien, absolument rien de plus satisfaisant que de flâner au fil de l’eau ».

Coup de cœur :
Une très belle adaptation en album de ce classique de la littérature anglaise. Un livre à découvrir dès 4 ou 5 ans, aux élégantes finitions et aux superbes illustrations.

Pio

par Emilie Chazerand

Résumé :
Quand Pio naît, il est aussi petit que les autres bébés. Sa maman le prend contre elle et lui chante : « Pio, Pio, Pio, mon tout petit petit à moi, je t’aime grand comme ça !  » Quelques mois plus tard, Pio fait la taille de sa mère et bientôt, il tutoie les nuages. Sa maman lui chante toujours les mêmes mots. Elle lui tricote les mêmes pulls doux, juste géants, et trouve toujours le moyen de lui concocter de délicieuses compotes dans des marmites énormes.
Rien n’arrête l’amour d’une mère… mais les villageois trouvent l’enfant dérangeant. Et surtout, la toute petite Nona ne lui prête aucune attention…

Coup du cœur :
Un enfant géant qui tombe amoureux d’une toute petite fille ! On n’a jamais vu ça ! Un album drôle et tendre aux belles illustrations rondes et dynamiques.

Taipei pianissimo

par Chiang-Sheng Kuo

« Le vent de ces années soufflait des rides sur l’eau, je fermai les yeux, rentré en moi-même, je laissai mes mains trouver dans le noir leur position sur le clavier. Je frappai la première note de la sonate. »
Un veuf qui pleure une musicienne. Un accordeur de piano qui cache une vie de secrets. Un piano Steinway désaccordé. Un voyage à la découverte de soi à travers le temps et les continents, d’une maison d’enfance dans une ruelle de Taipei à New York sous la neige.
Quelle trahison et quel chagrin d’amour ont poussé un jeune prodige de la musique à renoncer à la grandeur ? La beauté naît-elle sur scène, sous les mains du pianiste, ou se cache-t-elle dans l’âme du piano ?
Taipei pianissimo a décroché tous les plus grands prix littéraires de Taïwan en 2020.

Coup de cœur : voici un roman d’une poésie envoûtante. Il distille une nostalgie mystérieuse, teintée des sentiments liés à la musique. Bruissant de silences, de notes, d’accord parfait et d’amour tu, ce texte ne laisse pas indifférent.

La Maison où je suis mort autrefois

par Keigo Higashino

Sayaka Kurahashi va mal. Mariée à un homme d’affaires absent, mère d’une fillette qu’elle maltraite, elle a déjà tenté de mettre fin à ses jours. Et puis il y a cette étonnante amnésie : elle n’a aucun souvenir avant l’âge de cinq ans. Quand, à la mort de son père, elle reçoit une enveloppe contenant une énigmatique clef à tête de lion et un plan sommaire conduisant à une bâtisse isolée dans les montagnes, elle se dit que la maison recèle peut-être le secret de son mal-être et décide de s’y rendre, en compagnie de son ancien petit ami.
Ils découvrent une construction apparemment abandonnée, où toutes les horloges sont arrêtées à la même heure. Dans une chambre d’enfant, ils trouvent le journal intime d’un petit garçon et comprennent peu à peu que cette inquiétante demeure a été le théâtre d’événements tragiques…

Coup de cœur : comme toujours chez Keigo Higashino, beaucoup de délicatesse et un art du suspense au cordeau. Ici pas d’inspecteur ou de crime, la mémoire est l’enquêtrice et la maison est le corps. Elle livre ses secrets un à un. Pour notre plus grand bonheur.

Trois femmes dans la vie de Vincent van Gogh

par Mika Biermann

Sur Vincent Van Gogh, tout a été dit. Que rajouter encore ? Peut-être ces trois moments, trois rencontres de trois femmes en trois épisodes décisifs de la vie du peintre : l’enfance, l’âge mûr, le dernier jour – une balle dans le ventre.

Mika Biermann sublime son écriture pour offrir ici un tableau en peinture fraîche de ces instants volés, peut-être fondateurs, peut-être pas. Dans tous les cas un bijou, un bonheur de lecture, une médiation en actes sur l’art et ses tromperies magnifiques.

Coup de cœur : une écriture enchanteresse, trois portraits sublimes, un régal de lecture. Malgré tout c’est trop court ! Après le vibrant « Trois jours dans la vie de Paul Cézanne », qui fut un coup de cœur également, je vous invite à lire à nouveau Mika Biermann.

King Kasaï

par Christophe Boltanski

King Kasaï est le nom d’un éléphant empaillé qui fut longtemps le symbole du Musée royal de l’Afrique centrale, situé près de Bruxelles. C’est devant le « roi du Kasaï » et près d’un Léopold II à la gloire déboulonnée, dans cette ancienne vitrine du projet colonial belge aujourd’hui rebaptisée Africa Museum, que Christophe Boltanski passe la nuit. En partant sur les traces du chasseur qui participa à la vaste expédition zoologique du Musée et abattit l’éléphant en 1956, l’auteur s’aventure au cœur des plus violentes ténèbres, celles de notre mémoire.

Coup de cœur  : dans la géniale collection « Une nuit au musée », encore un opus particulièrement intéressant et bien écrit. Sur les traces de Joseph Conrad, l’auteur s’aventure au cœur des plus violentes ténèbres et au point de rencontre des mémoires et des époques.  Le soin porté au style et à l’écriture est à la hauteur du sujet.

La Marche Brume, tome 1 : Le Souffle des choses

par Stéphane Fert

Résumé :
Un jour, la Brume a tout emporté. Oh, pas la petite brumouille du matin ou la semi-brume des lendemains de pluie, nooon ! La brouillasse, la vraie. La purée de boue, la bouillie de charbon, noire et épaisse comme de l’encre en suspension. Celle qui engloutit tout. Mais la Brume a aussi laissé quelque chose derrière elle. Une mutante, une ogresse, ou peut-être juste une petite fille qu’une sorcière bourrue va nommer Tempérance et qui sera élevée dans la tranquillité d’une sororité de joyeuses vieilles femmes.
Et puis un jour, la Brume revient, la Brume veut reprendre… Il est temps pour les sorcières de sortir les grigris, de se rappeler les vieilles incantations et les leçons de kung-fu pour se lancer dans une grande aventure qui changera le destin de la jeune Tempérance.

Coup de cœur :
Un conte moderne entre récit d’anticipation et fable écologique par le plus que talentueux Stéphanie Fert. Une belle histoire de sorcières, d’ogresse et de monstres, d’aventure et de sororité, le tout servi par un dessin merveilleux, dynamique et généreux. Un premier tome à dévorer en attendant la suite !

Tokyo mystery café, tome 1 : La disparue d’Akiba

par Atelier Sentô

Résumé :
Tout juste arrivé au Japon, Nahel, aspirant mangaka, est déboussolé par sa découverte de Tokyo. S’il a aisément trouvé un logement, intégrer un atelier d’auteur ou une maison d’édition lui apparaît vite comme un défi insurmontable. Et lorsque sa mystérieuse voisine se fait enlever et qu’il est lui-même pris en chasse, il va découvrir un tout autre aspect de la capitale nippone. Ses mésaventures vont l’amener à rencontrer Soba, une jeune collégienne un peu en marge et un étonnant patron qui offre à celui qui pousse la porte de son restaurant les meilleurs plats nippons et ses services de détective…

Coup de cœur :
Une nouvelle série qui met en scène des enquêtes à Tokyo et nous plonge dans les mystères de la culture japonaise ! Une immersion dans le Tokyo des technophiles rythmée et colorée qui plaira autant aux ados qu’aux adultes !

Le Brutalone

par Jérémy Pailler

Résumé :
Au cœur d’un bois profond vivait le Brutalone. Grâce à sa force colossale et à son cri assourdissant, il menait une vie paisible à l’abri du danger. Mais sa force n’avait d’égales que sa maladresse et sa solitude. Fuit de tous les animaux, il désespérait : ne pourrait-il jamais avoir un ami ?

Coup de cœur :
Un géant, touchant de maladresse, va apprendre la délicatesse pour devenir ami avec un fragile papillon. Un bel album, tendre et original, sur la force de l’amitié qui charmera petits et grands grâce aux sublimes illustrations de Jérémy Pailler.

La Colère

par S. A. Cosby

Ike Randolph est noir. Buddy Lee Jenkins est blanc. En Virginie-Occidentale, cela revient à dire que tout les oppose. Ils ont pourtant été tous les deux pareillement lamentables en dénigrant avec la même violence l’homosexualité de leurs fils, maintenant mariés l’un à l’autre. Alors, quand ces fils, Isiah et Derek sont assassinés, la douleur a un goût de culpabilité. Qui a tôt fait de se transformer en colère, une colère viscérale, qui réclame un exutoire.

Coup de cœur : quel talent possède Shawn A. Cosby ! Déjà éblouie par « Le sang des innocents » je me régale à nouveau avec ce texte. Tout est jouissif dans son écriture : le rythme, les dialogues, l’humour, l’incarnation des personnages (formidables d’humanité et de justesse). Il sait parfaitement vous tenir en haleine et parallèlement dresser un portrait sans concession et engagé de l’Amérique. Le tout est génialement imbriqué. C’est Pierre Lemaître aux USA ! Je recommande : un grand auteur est né.