Coups de cœur du rayon Rayons

Lisière

par Kapka Kassabova

Quand Kapka Kassabova retourne en Bulgarie, son pays natal, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, c’est à la frontière avec la Turquie et la Grèce qu’elle se rend. Une zone inaccessible dans son enfance lorsque la guerre froide battait son plein, un carrefour qui grouillait de militaires et d’espions. Au gré de son voyage, elle découvre les lieux qui furent dominés par des forces successives, de l’Empire ottoman au régime soviétique, et baignés de mythes et de légendes.
Peuplé de magnifiques portraits d’individus hauts en couleur, arrivés là volontairement ou non, Lisière est à la fois le récit d’une immersion dans les coulisses de l’histoire, un regard neuf sur la crise migratoire en Europe et une plongée au coeur de géographies intimes.

Là où nous dansions

par Judith Perrignon

Résumé :
Detroit, Michigan :  ville mythique puis ville fantôme, décatie, en faillite. Comment cette ville et les hommes qui l’ont habitée en sont arrivé à ce point ? Qui se souvient que la Motown est née là, que l’industrie automobile a été inventée là.
Dans ce roman choral, les personnages sont chacun une partie de l’histoire américaine et ils incarnent magnifiquement la nostalgie, la révolte ou l’espoir. La musique comme fil conducteur (sublime trio The Supremes), la voiture toute puissante, l’aménagement urbain comme outil de ségrégation. Des années 60 à nos jours c’est un tableau vivant, un écho aux bruits des hommes.

Énorme coup de cœur :
Comment vous dire simplement que ce roman est fabuleux. Judith Perrignon nous emmène très loin.  Très documenté, bien construit, bien écrit, captivant de bout en bout. Terriblement attachant. Pour moi toutes les qualités d’un grand roman. J’espère que vous l’aimerez.

La loi du rêveur

par Daniel Pennac

Résumé :
L’ampoule du projecteur a explosé en plein Fellini. Minne et moi regardions Amarcord du fond de notre lit. Ah ! Non ! Merde ! J’ai flanqué une chaise sur une table et je suis monté à l’assaut pour changer l’ampoule carbonisée. Explosion sourde, la maison s’est éteinte, je me suis cassé la figure avec mon échafaudage et ne me suis pas relevé. Ma femme m’a vu mort au pied du lit conjugal. De mon côté je revivais ma vie.
Il paraît que c’est fréquent. Mais elle ne se déroulait pas exactement comme je l’avais vécue.

Coup de cœur :
Un autoportrait de l’auteur en rêveur, plein de surprises, de pièges et de portes dérobées. Entre rêves et réalité, Pennac s’amuse à nous mener par le bout du nez… pour notre plus grand plaisir.
Une lecture friandise à ne pas se refuser !

Et bien sûr, si ce n’est pas déjà le cas, je vous recommande chaudement la lecture de TOUTE la bibliographie de Daniel Pennac : la saga Malaussène en tête, mais aussi « Comme un roman » et « Chagrine d’école » et les autres.

Buveurs de vent

par Franck Bouysse

Résumé :
Ils sont quatre, nés au Gour Noir, cette vallée coupée du monde, perdue au milieu des montagnes, quatre, frères et sœur, soudés par un indéfectible lien. Marc d’abord, qui ne cesse de lire en cachette. Matthieu, qui entend penser les arbres. Puis Mabel, à la beauté sauvage. Et Luc, l’enfant tragique, qui sait parler aux grenouilles, aux cerfs et aux oiseaux, et caresse le rêve d’être un jour l’un des leurs.
Tous travaillent, comme leur père, leur grand-père avant eux et la ville entière, pour le propriétaire de la centrale, des carrières et du barrage, Joyce le tyran, l’animal à sang froid…

Coup de cœur :
Franck Bouysse a un talent fou et nous le prouve une nouvelle fois avec ce conte noir et cruel, histoire de lutte, de révolte et d’insoumission. Une vallée d’eau et de verdure, un village pris sous le joug d’un ogre et quatre enfants pour lesquels nous tremblons jusqu’à la dernière page. Quatre personnages sublimes qui illuminent ce texte sombre et magnifique.

Le grand imagier de dodo toucan – Album

par Marcel & Joachim

Résumé :
Un grand livre pour les tout-petits, aux couleurs inspirées de la nature, pour apprendre et comprendre le monde qui les entoure.
Sara Théron, fondatrice de la marque Dodo Toucan, décline l’univers coloré et poétique de ses créations en un superbe imagier peuplé d’animaux, de feuillages et de grigris porte-bonheur. Doux Printemps, l’herbier, à la belle étoile, les grigris, l’Été Indien, les couleurs, matin d’Hiver, ensemble : huit thèmes différents abordés sur chaque double-page de ce grand imagier illustré à la gouache, autour d’un bestiaire enchanté où se mêlent légèreté, rêverie et évasion.

Coup de cœur : 
Un très bel imagier, tendre et poétique qui laisse défiler les saisons sous nos yeux ravis !
Un titre tout carton publié chez les merveilleux marcel et joachim et à feuilleter sur le site de l’éditeur.

Une sortie honorable

par Eric Vuillard

La guerre d’Indochine est l’une des plus longues guerres modernes. Pourtant, dans nos manuels scolaires, elle existe à peine. Avec un sens redoutable de la narration, « Une sortie honorable » raconte comment, par un prodigieux renversement de l’Histoire, deux des premières puissances du monde ont perdu contre un tout petit peuple, les Vietnamiens, et nous plonge au cœur de l’enchevêtrement d’intérêts qui conduira à la débâcle.

Coup de cœur : un style tranchant, où chaque mot est pesé et donne tout son sens. J’aime pardessus tout sa façon de prendre parti et d’user de la littérature comme d’une arme pour nous dire le monde tel qu’il le voit ; et nous dépeindre s’il le fallait encore (mais il le faut hélas), l’ignominie des puissants. Il faut lire et relire Eric Vuillard pour savourer sa prose et découvrir  les trésors cachés de ses phrases.

Tous ses précédents romans sont en poche chez Actes Sud.

Scarlett

par François-Guillaume Lorrain

Publier le roman-fleuve de Margaret Mitchell était déjà une gageure, mais faire d’Autant en emporte le vent un film était pure folie. Des centaines de décors, de costumes et d’acteurs pour un film d’une longueur invraisemblable : un défi qui aurait pu ruiner David O. Selznick, son producteur mégalomane, bien décidé à réussir « le plus grand film de tous les temps » . Par-delà les tractations cocasses, les difficultés d’adaptation et les imprévus en tous genres, une question centrale s’invite au coeur des débats qui agitent les Etats-Unis : qui pour incarner Scarlett ? Trois années à voir défiler un bal d’actrices parmi les plus célèbres comme des milliers d’inconnues qui participent à ce casting homérique.
Trois années où, à l’ombre des paillettes, Hattie McDaniel doit faire accepter à la communauté noire qu’elle préfère jouer le rôle d’une domestique plutôt que d’en être une. Dans ce roman trépidant, François-Guillaume Lorrain fait revivre les affres, les plaisirs et les jours des protagonistes de cette aventure qui marqua l’âge d’or d’Hollywood : le moralement douteux David O. Selznick, la très obstinée Vivien Leigh, le flegmatique Clark Gable, et Hattie McDaniel, la première interprète noire oscarisée pour le rôle qu’on lui reprochait pourtant d’endosser.

555

par Hélène Gestern

Hélène Gestern nous entraîne dans le monde de la musique, des clavecinistes, de la lutherie, avec une puissance qui lui appartient. C’est en défaisant la doublure d’un étui à violoncelle que Grégoire Coblence, associé d’un luthier, découvre une partition ancienne.
Après l’avoir fait déchiffrer, il acquiert la certitude qu’elle a été écrite par Domenico Scarlatti, le plus illustre des compositeurs pour clavecin. Mais la partition disparaît. Cinq êtres, dont l’existence est intimement liée à l’oeuvre du musicien, se lancent alors à corps perdu à la recherche du précieux document. lls sont amenés à questionner leur passé, leurs amours, leurs espérances et leurs erreurs. Scarlatti, compositeur génial aux 555 sonates, est le fil conducteur de ce roman.

Coup de cœur : j’attends toujours avec impatience les romans d’Hélène Gestern. Tant de délicatesse dans l’écriture et dans l’expression des sentiments, tant de talent dans l’art de broder une histoire et de nous tenir suspendus à ses fils. Ce dernier roman de déroge pas à la règle et le plaisir de lecture est toujours là. À tous les chanceux qui ne connaissent pas encore son oeuvre et vont la découvrir je recommanderais plus particulièrement « Eux sur la photo », « Portrait d’après blessure » et « L’odeur de la forêt ». Bonne lecture !

Jambes cassées, coeurs brisés

par Maria Ernestam

Lisbeth a 42 ans, une jolie petite maison au bord de la mer, un travail qu’elle adore. Bon, elle est célibataire, ce qui vaut toujours mieux que d’être malheureuse en amour. Mais à l’approche de Noël, tout tourne mal. Sa direction veut réduire ses heures de cours, au profit d’un champion de ski – un homme. Son ancien petit ami surgit sur le pas de la porte, lassé de sa pulpeuse fiancée. Sa soeur veut accoucher à la maison.
La fille de sa meilleure amie a des ennuis avec la police. Cerise sur le gâteau : sa mère veut démarrer les festivités de Noël à 11 heures du matin. Une histoire chaleureuse, drôle et légèrement décalée sur ce que nous attendons de nous-mêmes et des autres.

Mon avis : un peu de légèreté ne fait pas de mal, parfois. Et pour une fois je salue un roman dans ce genre ! (Karine)

Comme les lions

par Brian Panowich

Pendant des décennies, le clan Burroughs a régné sur Bull Mountain, en Géorgie, en écoulant alcool de contrebande et drogue dans plusieurs Etats. Avec leur disparition, Clayton, seul bon rejeton de cet arbre véreux, se retrouve le dernier survivant. En tant que shérif de Bull Mountain, il souhaite enterrer cet héritage familial violent et mettre un terme aux conflits sur lesquels s’est bâti cette famille.
Mais pour cela il devra choisir entre un passé auquel il ne peut échapper et la loi…

Coup de cœur : divine surprise, Brian Panowitch donne une suite à l’excellent « Bull mountain« . Les personnages sont toujours aussi forts, l’intrigue savamment menée et le contexte terriblement sauvage. À suivre … le troisième opus !