Coups de cœur du rayon Polar

Tuer le fils

par Benoît Séverac

Un fils tue pour prouver à son père qu’il est un homme. Des années plus tard, lorsque le fils sort de prison, le père est assassiné. Hasard ou coïncidence ? Pour prouver à son père violent, qui le méprise depuis toujours, qu’il est un homme, un vrai, Matthieu commet un meurtre. Il prend quinze ans de prison. Au lendemain de sa libération, son père est assassiné et le coupable semble tout désigné. Mais aux yeux des enquêteurs, cela ne colle pas : pourquoi Matthieu sacrifierait-il encore sa liberté ? Entre virilité toxique, Odipe délétère, résilience, fiction et réalité, l’inspecteur Cérisol et son équipe vont devoir plonger dans les arcanes de cette terrible relation père-fils.
 » Chez Séverac, la chaleur humaine alterne avec la noirceur, et l’humour contraste avec la tragédie poignante de l’amour filial.  » Le Monde des Livres  » Un polar psychologique remarquable, addictif et terriblement humain.  » Le Parisien

Impact

par Olivier Norek

« Virgil Solal entre en guerre, seul, contre des géants ».

Olivier Norek nous surprend à nouveau. Toujours aussi doué et efficace dans la construction de ses intrigues, il aborde avec ce polar les thèmes des multinationales polluantes, l’urgence climatique, l’engagement. Un rythme serré, un polar contemporain et captivant.

Les princes de Sambalpur

par Abir Mukherjee

Deuxième opus très attendu après « L’attaque du Calcutta Darjeeling » !Échouer à prévenir l’assassinat d’un prince n’est pas un fait d’armes dont peuvent s’enorgueillir le capitaine Wyndham et le sergent Banerjee, de la police de Calcutta.

D’omelettes trop pimentées pour les papilles anglaises au culte de l’étrange dieu Jagannath, en passant par une chasse au tigre à dos d’éléphant, Wyndham et Banerjee seront initiés aux mœurs locales. Mais il leur sera plus compliqué de pénétrer au cœur du zenana, le harem du maharajah, où un certain confinement n’empêche pas toutes sortes de rumeurs de circuler. Au-delà du suspense, une plongée au cœur des petits royaumes de l’Inde traditionnelle des années 1920, et une subtile analyse de l’impossible coexistence entre Britanniques et Indiens.

Coup de cœur : un régal de roman policier historique. Un délicieux mélange d’humour British et d’un Hercule Poirot détonnant. Très documenté, d’une lecture agréable ; de plus l’intrigue est intéressante. Comment passer un excellent moment, sourire aux lèvres, loin de tout.

L’attaque du Calcutta-Darjeeling

par Abir Mukherjee

1919. La Grande Guerre vient de se terminer en Europe. Après cette parenthèse éprouvante, certains Britanniques espèrent retrouver fortune et grandeur dans les lointains pays de l’Empire, et tout particulièrement en Inde. Ancien de Scotland Yard, le capitaine Wyndham débarque à Calcutta et découvre que la ville possède toutes les qualités requises pour tuer un Britannique : chaleur moite, eau frelatée, insectes pernicieux et surtout, bien plus redoutable, la haine croissante des indigènes envers les colons.
Est-ce cette haine qui a conduit à l’assassinat d’un haut fonctionnaire dans une ruelle mal famée, à proximité d’un bordel ? C’est ce que va tenter de découvrir Wyndham, épaulé par un officier indien, le sergent Banerjee. De fumeries d’opium en villas coloniales, du bureau du vice-gouverneur aux wagons d’un train postal, il lui faudra déployer tout son talent de déduction, et avaler quelques couleuvres, avant de réussir à démêler cet imbroglio infernal.

Coup de cœur : un régal de roman policier historique. Un délicieux mélange d’humour British et d’un Hercule Poirot détonnant. Très documenté, d’une lecture agréable ; de plus l’intrigue est intéressante. Comment passer un excellent moment, sourire aux lèvres, loin de tout. Un deuxième opus des enquêtes du capitaine Wyndham est paru : « Les princes de Sambalpur ». Egalement recommandé par votre libraire sous le charme.

Entre fauves

par Colin Niel

Martin est garde au parc national des Pyrénées. Il travaille notamment au suivi des ours. Mais depuis des mois, on n’a plus la moindre trace de Cannellito, le dernier plantigrade avec un peu de sang pyrénéen. Martin en est chaque jour plus convaincu : les chasseurs auront eu la peau de l’animal. Alors, lorsqu’il tombe sur un cliché montrant une jeune femme devant la dépouille d’un lion, arc de chasse en main, il est déterminé à la retrouver et la livrer en pâture à l’opinion publique.
Même si d’elle, il ne connaît qu’un pseudonyme sur les réseaux sociaux : Leg Holas.

Colin Niel quitte la Guyane pour les Pyrénées et la Namibie. Il met tout son talent au service d’une histoire passionnante dont on sent qu’elle le touche. Chasseurs, tartufes de l’écologie, tout le monde en prend pour son grade dans un récit haletant et engagé.

Darktown

par Thomas Mullen

Atlanta, 1948. Le département de police de la ville est contraint de recruter ses premiers agents noirs. Parmi eux, les vétérans de guerre Lucius Boggs et Tommy Smith. Mais dans cette Amérique ségrégationniste, un « officier nègre » n’a le droit ni d’arrêter un suspect, ni de conduire une voiture, ni de mettre les pieds dans les locaux de la police blanche. Quand le cadavre d’une toute jeune femme noire est retrouvé sur un dépotoir, Boggs et Smith décident de mener une enquête officieuse, au péril de leur carrière et de leur vie.

Impressionnant de maîtrise et de réalisme, ce polar décrit une société entravée par le racisme et la haine. Sans jamais sacrifier l’intrigue, qui est prenante de bout en bout, l’auteur est aussi au plus près des personnages. Les contraintes sociales qui sont les leurs ne pourront que vous toucher et on oublie pas de sitôt ces deux agents opiniâtres, à la recherche obstinée de l’assassin de Lily.

Alex – La trilogie Verhoeven Tome 2

par Pierre Lemaitre

Résumé :
Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante. Est-ce pour cela qu’on l’a enlevée, séquestrée et livrée à l’inimaginable ? Mais quand le commissaire Verhoeven découvre enfin sa prison, Alex a disparu. Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n’oublie rien, ni personne. Un thriller glaçant qui jongle avec les codes de la folie meurtrière, une mécanique diabolique et imprévisible où l’on retrouve le talent de l’auteur de Robe de marié. L’auteur hisse le genre noir à une hauteur rarissime chez les écrivains français : celle où se tient la littérature.
(ce roman est la suite de Travail soigné).

Coup de cœur :
Une construction diabolique, une intrigue virtuose, une écriture nerveuse, tendue : sans mauvais jeu de mots, l’auteur est passé maître dans l’art des volte-face saisissantes. Ébloui, choqué, on referme ce polar génial, l’œil hagard et la bouche sèche !

Evasion

par Benjamin Whitmer

1968. Le soir du Nouvel An, douze détenus s’évadent de la prison d’Old Lonesome, dans le Colorado. Les radios crépitent, lancent l’alerte. Une véritable machine de guerre se met en marche et embrase la petite ville. Habitants et journalistes, gardiens de prison et flics, tous se joignent à la chasse à l’homme. Séparés, les évadés suivent des pistes différentes en pleine nuit et sous un blizzard impitoyable.
Très vite, une onde de violence incontrôlable se propage sur leur chemin.

Bien plus qu’une histoire d’évasion ! Il y a du Pierre Lemaître et du Audiard (père et fils) dans ce roman. Il est noir, serré, acide, et l’écriture est jubilatoire. Avec sa galerie de réprouvés, il sonde les peurs qui gouvernent certaines de nos réactions. Il nous embarque et ne nous lâche plus.

Vendetta

par R. J. Ellory

2006, La Nouvelle-Orléans.
Catherine, fille du gouverneur de Louisiane, est enlevée. Son garde du corps est assassiné. L’enquête est confiée au FBI. Très vite, le kidnappeur, Ernesto Perez, se livre aux autorités… Il veut s’entretenir avec Ray Hartmann, un obscur fonctionnaire qui travaille à Washington dans une unité chargée de la lutte contre le crime organisé. C’est le début d’une longue confrontation entre les deux hommes jusqu’à l’étonnant coup de théâtre final.

Un polar virtuose, avec crime organisé, corruption et suspense. Mais aussi une belle histoire d’amour et de filiation. 50 ans d’histoire de la mafia aux Etats-Unis, vertigineux !

La Mort selon Turner

par Tim Willocks

Lors d’un week-end arrosé au Cap, un jeune et riche Afrikaner renverse en voiture une jeune Noire avant de disparaître. La mère du chauffard, Margot Le Roux, femme puissante qui règne sur les mines du Cap-Nord, décide de couvrir son fils. Pourquoi compromettre une carrière qui s’annonce brillante à cause d’une pauvresse ? Tout le monde s’en ficherait.
Tout le monde, sauf Turner, un flic de la brigade criminelle. Lorsqu’il arrive sur le territoire des Le Roux la confrontation est terrible, entre cet homme déterminé à faire la justice à tout prix et une femme décidée à protéger son fils envers et contre tous.

Attention ! Polar un peu « gore ». Tim Willocks est connu pour ses polars acides et ses romans historiques foisonnants de batailles épiques (les mythiques « La Religion » et « Les douze enfants de Paris »). Bonne nouvelle il est toujours aussi doué ! Narration à l’efficacité imparable, il nous livre un polar sec, voire aride, fort et violent. Ambiance « corruption » et suspense garantis.