Ceux que je suis

par Olivier Dorchamps

Cette nuit, Papa est mort. Des années, il a trimé. Sans vacances. Sans dimanches. Il n’avait pas soixante ans. Mais pourquoi donc Tarek, garagiste à Clichy depuis longtemps exilé en France, tenait-il à être enterré là-bas… à Casablanca ? Un pays, des racines, dont il n’a jamais ou très peu parlé à ses fils. Prof d’histoire-géo, parfaitement intégré, Marwan ne comprend pas. C’est pourtant lui qu’on a choisi pour accompagner le cercueil au bled.
Double-culture, non-dits et secrets de famille : c’est tout un pan de sa propre histoire que Marwan s’apprête à découvrir, sous les orangers. Et c’est à lui que sa grand-mère, dernier lien avec ce pays qu’il connaît mal, racontera toute l’histoire. L’incroyable histoire.

« Le Maroc, c’est un pays dont j’ai hérité un prénom que je passe ma vie à épeler et un bronzage permanent qui supporte mal l’hiver à Paris, surtout quand il s’agissait de trouver un petit boulot pour payer mes études ».

« Ceux que je suis » est un roman d’une délicatesse et d’une justesse étonnants. Une écriture fluide au service d’une très belle histoire.

Buveurs de vent

par Franck Bouysse

Résumé :
Ils sont quatre, nés au Gour Noir, cette vallée coupée du monde, perdue au milieu des montagnes. Ils sont quatre, frères et sœur, soudés par un indéfectible lien. Marc d’abord, qui ne cesse de lire en cachette. Matthieu, qui entend penser les arbres. Puis Mabel, à la beauté sauvage. Et Luc, l’enfant tragique, qui sait parler aux grenouilles, aux cerfs et aux oiseaux, et caresse le rêve d’être un jour l’un des leurs.
Tous travaillent, comme leur père, leur grand-père avant eux et la ville entière, pour le propriétaire de la centrale, des carrières et du barrage, Joyce le tyran.

Coup de cœur :
Franck Bouysse a un talent fou et nous le prouve une nouvelle fois avec ce conte noir et cruel, histoire de lutte, de révolte et d’insoumission.
Un village pris sous le joug d’un ogre au cœur d’une vallée d’eau et de verdure et quatre enfants, 3 frères et une sœur, pour lesquels nous tremblerons jusqu’à la dernière page. Quatre personnages sublimes qui illuminent ce texte sombre et magnifique.

Une rose seule

par Muriel Barbery

Résumé :
Rose arrive au Japon pour la première fois car son père, qu’elle n’a jamais connu, est mort en laissant une lettre à son intention. Accueillie à Kyoto, elle est conduite dans la demeure de celui qui fut, lui dit-on, un marchand d’art contemporain. Et dans cette proximité soudaine avec un passé confisqué, la jeune femme ressent tout d’abord amertume et colère.
Mais Kyoto l’apprivoise et, chaque jour, guidée par Paul, l’assistant de son père, elle est invitée à découvrir une étrange cartographie, un itinéraire imaginé par le défunt, semé de temples et de jardins, d’émotions et de rencontres qui vont l’amener aux confins d’elle-même. Ce livre est celui de la métamorphose d’une femme placée au cœur du paysage des origines, dans un voyage qui l’emporte jusqu’à cet endroit unique où se produisent parfois les véritables histoires d’amour.

Coup de cœur :
Sur un chemin de fleurs et de pierre, un roman initiatique sur la découverte des origines. Muriel Barbery nous conte le cheminement d’une femme de la mélancolie à la lumière. Un texte court et subtil, d’une délicatesse infinie, tout en ellipses et en silences, souligné d’une écriture riche et délicieuse.

Liv Maria

par Julia Kerninon

Résumé :
Son nom est Liv Maria Christensen. Elle fut l’enfant solitaire, la jeune fille fiévreuse, l’amoureuse du professeur d’été, l’orpheline et l’héritière, l’aventurière aux poignets d’or. Maintenant la voici mère et madone, installée dans une vie d’épouse. Mais comment se tenir là, avec le souvenir de toutes ces vies d’avant ? Faut-il mentir pour rester libre ? Julia Kerninon brosse le portrait éblouissant d’une femme marquée à vif par un secret inavouable. Et explore avec une grande justesse les détours de l’intime, les jeux de l’apparence et de la vérité.

Coup de cœur :
Un portrait de femme intime et délicat ; une ode à la liberté et à l’insoumission ; un personnage puissant et dramatique hanté par des secrets inavoués, qui prend vie sous la plume claire et subtile d’une autrice de talent.

L’ourse qui danse

par Simonetta Greggio

Autrefois, le monde des Inuits ne connaissait pas de confins. Danois. Groenlandais et Canadiens étaient liés par leurs dialectes, leurs croyances, leurs coutumes en harmonie avec la nature environnante. Mais lorsque les « hommes blancs » sont arrivés, les intérêts des grandes puissances ont prévalu, de nouvelles frontières ont été dessinées, et les familles ont été séparées. Parmi eux, un enfant grandit en « Occident », loin de ses parents déportés.
Lorsque, devenu adulte, il retourne sur ses terres natales pour retrouver ses sœurs, il éprouve le besoin de renouer avec les pratiques ancestrales. La chasse rituelle qu’il entreprend va revêtir une dimension initiatique dès lors qu’il se trouve confronté à une ourse. Le cours des choses s’inverse : c’est l’animal qui aura le pouvoir de le maintenir en vie – ou non.

Dans ce conte engagé et sensible, au style soigné et délicat, Simonetta Greggio met en lumière des modes de vie dits primitifs souvent oubliés, voire dédaignés, et rappelle combien l’homme n’est que l’un des hôtes de cette Terre. La force du récit et la beauté de l’écriture vous emmèneront très loin …

Des vies à découvert

par Barbara Kingsolver

Au 19ème siècle puis au 21ème siècle, dans une même maison (qui est une ruine au bord de l’écroulement), un homme et une femme sont en butte aux préjugés de leur époque et aux difficultés inattendues que la vie peut réserver. Chacun à sa façon, Willa et Thatcher s’emparent du monde nouveau, tel qu’il est.

Avec toute l’ironie subtile qui la caractérise, Barbara Kingsolver dresse un portrait du pays saisissant de vérité : l’Amérique des « winners » est un mirage … Très romanesque et d’une grande finesse psychologique.

L’autre Rimbaud

par David Le Bailly

La photo est célèbre. C’est un premier communiant, cheveux sagement ramenés sur le côté, regard qui défie l’objectif. Il s’appelle Arthur Rimbaud. Mais sur le cliché d’origine posait aussi son frère aîné, Frédéric. Cet autre Rimbaud a été volontairement supprimé de l’image, comme il fut oublié par la plupart des biographes. Pourtant, les deux frères furent d’abord fusionnels, compagnons d’ennui dans leurs Ardennes natales.
Puis leurs chemins se séparèrent. L’un a été élevé au rang de génie, tandis que l’autre, conducteur de calèche, fut banni par sa famille.

En quoi était-il si gênant ce frère ? Pourquoi sa famille s’est acharnée à le faire disparaître de l’histoire ? L’auteur cherche les rares traces de sa vie et reconstitue  avec empathie le parcours de cet homme. C’est un roman touchant et sensible.

Héritage

par Miguel Bonnefoy

La maison de la rue Santo Domingo à Santiago du Chili, cachée derrière ses trois citronniers, a accueilli plusieurs générations de la famille des Lonsonier. Arrivé des coteaux du Jura avec un pied de vigne dans une poche et quelques francs dans l’autre, le patriarche y a pris racine à la fin du XIXe siècle. Son fils Lazare, de retour de l’enfer des tranchées, l’habitera avec son épouse Thérèse, et construira dans leur jardin la plus belle des volières andines.
C’est là que naîtront les rêves d’envol de leur fille Margot, pionnière de l’aviation. Dans cette fresque éblouissante qui se déploie des deux côtés de l’Atlantique, Miguel Bonnefoy brosse le portrait d’une lignée de déracinés, dont les terribles dilemmes, habités par les blessures de la grande Histoire, révèlent la profonde humanité.

Troisième roman, et troisième coup de de cœur notre part ! À nouveau,  Miguel Bonnefoy, conteur charmant et prolixe nous séduit par sa prose enchantée. Il a l’art de camper un décor en quelques mots précieux et choisis et de nous immerger dans ces terres Sud américaines qu’il affectionne.  Laissez-vous embarquer …

Nous vous recommandons également, disponibles en poche : « Le voyage d’Octavio » et « Sucre noir ».

Né d’aucune femme

par Franck Bouysse

Résumé :
« Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile. – Et alors, qu’y a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je. – Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés. – De quoi parlez-vous ? – Les cahiers… Ceux de Rose. » Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.
Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec Né d’aucune femme la plus vibrante de ses oeuvres. Avec ce roman sensible et poignant, il confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l’âme humaine.

Coup de cœur :
Un roman noir, beau et cruel ; un conte âpre et déchirant qui fouille l’âme humaine pour en extraire toute la bassesse, mais aussi toute la beauté et la grâce.  Découvrez Rose, une jeune héroïne magnifique, lumineuse et follement résiliente. Par son histoire elle nous offre une ode à la force des mots. Ce texte est profondément romanesque, envoutant et sublimement construit. Franck Bouysse est un styliste rare !

A la ligne – Feuillets d’usine

par Joseph Ponthus

« Au fil des heures et des jours le besoin d’écrire s’incruste tenace comme une arête dans la gorge. Non le glauque de l’usine. Mais sa paradoxale beauté ». Ouvrier intérimaire après des études et un début de carrière d’éducateur, Joseph embauche jour après jour dans les usines de poissons et les abattoirs bretons. Le bruit, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps s’accumulent inéluctablement comme le travail à la ligne.
Ce qui le sauve, ce sont l’amour et les souvenirs de son autre vie, baignée de culture et de littérature.

Par la magie d’une écriture déliée de toute contrainte, coléreuse, fraternelle, sans oublier l’humour, l’existence ouvrière devient alors une odyssée où Ulysse combat des carcasses de bœuf et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes.