Combats et métamorphoses d’une femme

par Edouard Louis

Résumé :
Pendant une grande partie de sa vie ma mère a vécu dans la pauvreté et la nécessité, à l’écart de tout, écrasée et parfois même humiliée par la violence masculine. Son existence semblait délimitée pour toujours par cette double domination, la domination de classe et celle liée à sa condition de femme.
Pourtant, un jour, à quarante-cinq ans, elle s’est révoltée contre cette vie, elle a fui et petit à petit elle a constitué sa liberté. Ce livre est l’histoire de cette métamorphose. E. L. Edouard Louis est écrivain. Ses trois premiers romans ont été traduits dans une trentaine de langues. Il a collaboré avec de nombreux metteurs en scène comme Stanislas Nordey ou Thomas Ostermeier. Il est également l’un des traducteurs de la poétesse canadienne Anne Carson.
Depuis 2019, il enseigne à La Manufacture – Haute école des arts de la scène de Lausanne.

Coup de cœur :
Un texte bouleversant et engagé, sincère et tendre. Les mots choisis par Edouard Louis vont droit au cœur. Un très beau roman sur l’émancipation et la réconciliation.

La Fille qui avait bu la lune

par Kelly Barnhill

Résumé :
Chaque année, les habitants du Protectorat abandonnent un bébé en sacrifice à la redoutée sorcière des bois. Ils espèrent ainsi détourner sa colère de leur ville prospère.
Chaque année, Xan, la sorcière des bois, se voit contrainte de sauver un bébé que les fous du Protectorat abandonnent sans qu’elle ait jamais compris pourquoi. Elle s’emploie à faire adopter ces enfants par des familles accueillantes dans les royaumes voisins. Mais cette année, le bébé en question est différent des autres : la petite a un lien étrange avec la lune et un potentiel magique sans précédent. Xan se voit obligée de la ramener chez elle et d’élever cette enfant pas comme les autres. Xan a trouvé comment contenir la magie qui grandit à l’intérieur de la petite, mais bientôt approche son treizième anniversaire, et ses pouvoirs vont se révéler.

Coup de cœur :
Un roman fascinant, magique et profond, plein de mystère et de tendresse. Une très belle écriture au service d’une histoire sensible et inoubliable.
À partir de 12 ans.

Le jour ou j’ai grandi – Album

par Madeline Roth, Lucille Michieli

Résumé :

Louve se réveille un matin avec le sentiment qu’il est temps pour elle de grandir. Elle se rend dans la forêt et, entourée de cette nature qu’elle connait par cœur, elle réfléchit. Qui est-elle vraiment, qui souhaite-t-elle devenir ? Elle pense à sa famille et à son père qui n’est plus là, à tout ce qu’elle voudrait leur dire. Au pied de son arbre favori, elle écrit trois lettres dans lesquelles elle laisse tout ce qui pourrait l’empêcher d’avancer…

Coup de cœur :

Un album aussi beau graphiquement que dans le message qu’il porte : grandir, c’est parfois laisser derrière nous ce qui nous empêchent d’avancer. Et comme il est beau de s’ouvrir à la nature et à l’inconnu dans ces moments là.

Les vraies gens – Sociologie de trottoir

par Guillaume Meurice

Depuis huit ans, pour sa chronique quotidienne sur France Inter, Guillaume Meurice interroge les gens dans la rue, sur les marchés, dans des salons professionnels, à l’Assemblée nationale. Dans les paroles de simples citoyens, les discours des lobbyistes, ou les soliloques des parlementaires, il traque et dissèque les fausses évidences, les contradictions, les éléments de langage, l’illusion du bon sens.
Il en retire ici la substantifique moelle, livrant au passage quelques moments off drôles et surprenants, sans rien perdre de sa joie communicative de porter la blague dans la plaie.

Le jour où le monde a tourné

par Judith Perrignon

 » Le Royaume-Uni des années 1980. Les années Thatcher. Elles sortent toutes de là, les voix qui courent dans ce livre, elles plongent au creux de plaies toujours béantes, tissent un récit social, la chronique d’un pays, mais plus que cela, elles laissent voir le commencement de l’époque dans laquelle nous vivons et dont nous ne savons plus comment sortir. C’est l’histoire d’un spasme idéologique, doublé d’une poussée technologique qui a bouleversé les vies.
Ici s’achève ce que l’Occident avait tenté de créer pour panser les plaies de deux guerres mondiales. Ici commence aujourd’hui : les SOS des hôpitaux. La police devenu force paramilitaire. L’information tombée aux mains de magnats multimilliardaires. La suspicion sur la dépense publique quand l’individu est poussé à s’endetter jusqu’à rendre gorge. La stigmatisation de populations entières devenues ennemis de l’intérieur.
Londres. Birmingham. Sheffield, Barnsley. Liverpool. Belfast. Ancien ministre. Leader d’opposition. Conseiller politique. Journaliste. Ecrivain. Mineur. Activistes irlandais. Voici des paroles souvent brutes qui s’enchâssent, s’opposent et se croisent. Comment ne pas entendre ces quelques mots simples venus aux lèvres de l’ancien mineur Chris Kitchen comme de l’écrivain David Lodge : une société moins humaine était en gestation ? Comment ne pas constater que le capitalisme qui prétendait alors incarner le monde libre face au bloc soviétique en plein délitement, est aujourd’hui en train de tuer la démocratie ? Quand la mémoire prend forme, il est peut-être trop tard, mais il est toujours temps de comprendre.
 » J. P.

Mémoires de la forêt – Les souvenirs de Ferdinand Taupe

par Mickaël Brun-Arnaud, Sanoe

Résumé :

Dans la forêt de Bellécorce, au creux du chêne où Archibald Renard tient sa librairie, chaque animal qui le souhaite peut déposer le livre qu’il a écrit et espérer qu’il soit un jour acheté. Depuis que ses souvenirs le fuient, Ferdinand Taupe cherche désespérément à retrouver l’ouvrage qu’il a écrit pour compiler ses mémoires, afin de se rappeler les choses qu’il a faites et les gens qu’il a aimés.
Il en existe un seul exemplaire, déposé à la librairie il y a des années. Mais justement, un mystérieux client vient de partir avec… A l’aide de vieilles photographies, Archibald et Ferdinand se lancent sur ses traces en forêt, dans un périple à la frontière du rêve, des souvenirs et de la réalité.

Coup de cœur :

Un premier tome bouleversant et captivant. Que nous reste-t-il de notre vie passée lorsque nous sommes atteint de la maladie de « l’oubli-tout » ? Des moments de vie, des petites choses qui nous réchauffent le cœur, la trace que l’on laisse dans la vie des ami(e)s… Mémoires de la forêt – Les souvenirs de Ferdinand Taupe est une formidable épopée sur l’amour, l’amitié et le pardon.

Ce que nous sommes – Album

par Zep

Résumé :

Grâce au projet DataBrain, les humains disposent à la naissance d’un second cerveau numérique où sont directement uploadées des connaissances et des expériences virtuelles plus vraies que nature. Avec de simples programmes à télécharger, apprendre de nouvelles langues ou même assimiler la totalité du savoir de l’humanité n’a jamais été aussi simple et rapide. Du moins si, comme Constant, on en a les moyens.
Mais un jour, à la suite d’un piratage informatique, il s’évanouit et se réveille en forêt, loin de la ville protégée, en ayant perdu tout son savoir et ses souvenirs. Démuni, il est recueilli par Hazel, jeune femme vivant en marge de la société, qui va l’aider à se reconstruire et à retrouver son passé. Constant va donc partir sur les traces de son identité réelle et découvrir au passage les facultés extraordinaires de son cerveau…
humain.

Coup de cœur :

Avec une narration fluide et immersive, Zep nous entraîne dans un monde futuriste dans lequel les humains n’ont plus besoin d’apprendre, la technologie le fait pour eux.  Se pose alors la question de la place de l’espèce humaine dans le monde. Un très bel  album au graphisme réaliste et à la palette de couleur fantastique.

Gallant

par V. E. Schwab

Résumé :

Toute chose projette une ombre, même notre monde… Toute petite, Olivia Prior a été déposée sur les marches de l’orphelinat où elle vit désormais. Incapable de parler, elle n’en sait pas moins se faire respecter des autres pensionnaires. De sa mère, il ne lui reste plus qu’un journal intime relié de cuir, plein de dessins étranges et marqué par la folie, dont les derniers mots sont :  » Tu seras à l’abri tant que tu ne t’approcheras pas de Gallant.
 » Mais la jeune fille ne rêve que d’une chose : avoir, un jour, une famille. Alors, quand elle apprend que son oncle l’a enfin retrouvée et l’invite à venir vivre dans le domaine familial de Gallant, Olivia n’hésite pas une seule seconde. Sur place, elle ne trouve que deux domestiques et un cousin, Matthew – qui, de toute évidence, ne veut pas d’elle. Elle découvre surtout que son oncle est mort et enterré depuis plusieurs mois déjà…
Elle remarque enfin que tous les habitants du manoir semblent éviter comme la peste le mur qui s’élève derrière la propriété, au milieu d’une nature luxuriante. Quel mal se dresse là, au fond de ce jardin niché au bout du monde ? Qu’est-il vraiment arrivé à la mère d’Olivia, toutes ces années plus tôt ? Après avoir scénarisé et co-produit pour Netflix la série First Kill, inspirée d’une de ses nouvelles, l’autrice prodige V.
E. Schwab met sa plume fascinante et son talent inimitable de l’intrigue au service d’un conte gothique à la fois glaçant et suprêmement émouvant. Les lecteurs de Neil Gaiman se plongeront avec délices dans cet ouvrage tissé d’ombre et de mystères, le nouveau petit miracle de l’autrice de La Vie invisible d’Addie Larue.

Coup de cœur :

Lorsqu’un(e) auteur(e) a le don de vous plonger dans son univers en l’espace de quelques lignes… c’est le coup de cœur assuré. Conte tout aussi mystérieux qu’inquiétant, « Gallant » nous happe jusqu’à la dernière page sans nous laisser un seul instant de répit.

Une excellente lecture à partir de 13/14 ans.

Charamba, hôtel pour chats, t1

par Marie Pavlenko

Résumé :
A l’hôtel Charamba, les chats sont traités comme des rois ! Magda, la propriétaire, est toujours aux petits soins pour ses pensionnaires. Mais les vrais maîtres des lieux sont Bobine, Couscousse, Mulot, et Carpette. Quand débarque Wolfgang, chat bizarrement timide, la bande de copains est bien décidée à le mettre à l’aise, et à percer son secret.

Coup de cœur :
Une première lecture illustrée, pleine d’aventure, d’humour et de chatons charmants.
Entraide, solidarité et bienveillance sont les maîtres mots des pensionnaires de cet hôtel pour chats. Dès 7/8 ans.

Nanuq – Celle qui erre toujours

par James Raffan

Nanuq, l’ourse polaire, arpente son territoire et chasse les phoques dans la baie d’Hudson. Pendant des millénaires, ses ancêtres ont occupé cette grande étendue, évoluant aux côtés des humains dans l’un des habitats les plus inhospitaliers de la planète. Aujourd’hui, ce monde jusque-là immaculé est en danger. Dans les terres et les eaux de l’Arctique, du pétrole a été extrait et déversé ; le réchauffement climatique fait disparaître la glace de mer dont Nanuq et ses petits ont besoin pour chasser.
Les ours sont repoussés sur la terre ferme, remettant en cause le délicat équilibre territorial entre eux et leurs voisins humains. Dans une prose précise, James Raffan emmène les lecteurs sur les pas de Nanuq. En concentrant son objectif sur cette famille d’ursidés, Raffan comble le fossé entre les humains et les ours et nous fait réfléchir à ce qui pourrait être fait pour ce monde fragile avant qu’il ne disparaisse définitivement.